La Libre.be > Actu > International > Article
vatican
Benoît XVI : foin des "jacasseries"!
Christian Laporte
Mis en ligne le 29/03/2010
T
ous les dimanches sur le coup de midi, la récitation de la prière de l’Angélus mais surtout les propos papaux qui l’entourent sont attendus avec une grande curiosité par les vaticanistes et, au-delà, par les commentateurs de l’actualité.Ceux qui espéraient que Benoît XVI reviendrait dimanche sur les révélations faites cette semaine, notamment dans la presse américaine sérieuse, et aurait encore présenté ses excuses pour les abus commis par des membres de l’Église catholique auront été déçus.
Si le Pape s’est effectivement dit "profondément affligé", c’est pour la nouvelle poussée de violence entre Israéliens et Palestiniens, suite à la décision des premiers de construire de nouveaux logements à Jérusalem-est.
Mais s’il n’a pipé mot des scandales de pédophilie, le Saint-Père y a quand même indirectement fait allusion dans l’homélie de la messe du dimanche des Rameaux. La foi en Dieu, a-t-il dit en substance aide à "avoir le courage de ne pas se laisser intimider par les jacasseries médiocres de l’opinion dominante". Dans son sermon, il a également regretté que l’homme "tombe parfois au plus bas et vulgaire niveau" et "sombre dans le marécage du péché et de la malhonnêteté". Enfin, une des intentions de prière implorait le Tout-Puissant d’aider "les jeunes et ceux qui œuvrent à leur éducation et à leur protection". Selon Radio Vatican, cette prière "résume les sentiments de l’Église à ce moment difficile où elle est confrontée au fléau de la pédophilie".
Trois allusions indirectes, donc, alors que la semaine dernière, Benoît XVI s’était retrouvé deux fois dans le collimateur du "New York Times". Jeudi, le journal avait affirmé que le futur pape avait couvert les agissements sexuels d’un prêtre américain, accusé d’avoir abusé de 200 enfants sourds d’une école du Wisconsin.
Le grand journal américain était aussi revenu sur le fait que Mgr Josef Ratzinger savait que le prêtre pédophile hébergé en 1980 dans son diocèse pour une thérapie avait été transféré dans une autre paroisse. Mieux : selon le quotidien, l’archevêque de Munich aurait, en janvier 1980, dirigé une réunion au cours de laquelle le transfert d’Essen à Munich du père Hullermann, accusé de pédophilie, avait été validé. Il avait ensuite reçu une note l’informant que ledit prêtre avait repris son service pastoral, alors qu’il était supposé suivre un traitement. Enfin, en 1986 toujours, le même prêtre fut déclaré coupable d’avoir agressé sexuellement des garçons dans une autre paroisse bavaroise.
L’archevêché de Munich a réagi vendredi : "Mgr Ratzinger n’a pas eu connaissance de la décision de réinsérer le prêtre dans l’activité pastorale de la paroisse et le vicaire général de l’époque a assumé sa pleine responsabilité pour avoir pris une décision erronée", disait-il dans un communiqué.
Par ailleurs, samedi, l’Osservatore romano, en réponse à plusieurs articles très négatifs de la presse espagnole, suisse ou allemande, a republié le texte intégral d’un motu proprio de Jean-Paul II, "Sacramentum Sanctitatis Tutela" (30 avril 2001), qui précise que les délits les plus graves seraient traités par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le journal du Vatican a également inséré un document du 18 mai 2001 signé par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l’époque, Mgr Ratzinger, une lettre adressée à toute la hiérarchie catholique portant que "les actes impurs - NdlR : comme les abus sexuels - sont cités au rang des délits les plus graves".
De son côté, le P.Lombardi, porte-parole du Pape, a déclaré samedi que ce dernier n’était "pas affaibli par les attaques lancées par les médias pour sa gestion des scandales pédophiles au sein de l’Église. Si elles ont provoqué des dégâts, l’autorité du pape et l’engagement de la Congrégation pour la doctrine de la foi contre les abus sexuels en sortent confirmés".
Et d’ajouter que la manière dont l’Église affronte la question "est cru ciale pour sa crédibilité morale".
Enfin, le Pape a encore reçu ce week-end deux soutiens intéressants. Dimanche, le primat d’Angleterre et du Pays de Galles, Mgr Vincent Nichols, a estimé qu’il n’y avait "pas de raison convaincante" de voir le pape démissionner. Mais on notera surtout l’appui reçu dans une opinion publiée dans le "Corriere della Sera"; le cardinal Walter Kasper y a exhorté l’Église "à être plus vigilante et courageuse dans sa gestion des abus sexuels sur des mineurs". Pour lui, l’Église ne peut plus revenir en arrière mais il a aussi défendu Benoît XVI, estimant qu’il était le premier à reconnaître le besoin d’adopter une position plus ferme envers les clercs coupables.
Pour ce cardinal allemand pas toujours d’accord avec le Pape, loin s’en faut, les attaques qu’il subit vont "au-delà des limites de justice et de loyauté".
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...