Abonnez-vous a La Libre Belgique

France

2012 : l’UMP calme le jeu

Bernard Delattre

Mis en ligne le 30/03/2010

L’issue des régionales affole les sondages et accélère le tempo élyséen. Comme le fit avec succès Martine Aubry, l’UMP tente donc de temporiser.
Correspondant permanent à Paris

S

i ce n’est pas une double tentative de calmer le jeu, cela y ressemble. Lundi matin, Xavier Bertrand, n°1 de l’UMP, a donné l’impression de rappeler ses troupes à l’ordre et de vouloir couper court au débat grandissant, en leur sein, sur la présidentielle de 2012 : "Les candidatures, les ambitions, ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui pour les Français."

Lundi midi, recadrage analogue du porte-parole de l’UMP : "2012 n’est pas notre priorité ni notre préoccupation du jour. Pour nous, la priorité, c’est de nous occuper des Français."

Cette double mise au point survient alors que, depuis l’issue des élections régionales, dimanche dernier, la présidentielle de 2012 est devenue le sujet de discussion principal des élus de droite et l’objet premier de supputation d’innombrables sondages. Des enquêtes dont les conclusions vont toutes dans le même sens, et s’inscrivent bien dans la lignée du résultat régional désastreux pour la droite.

Outre qu’ils confirment la poursuite de la dégringolade de la popularité de Nicolas Sarkozy, les instituts indiquent dorénavant que le chef de l’Etat, s’il se représentait en 2012, ne l’emporterait plus d’office face à la gauche, qu’elle soit menée par Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry.

Cerise sur un gâteau bien amer pour l’hôte de l’Elysée : à mesure que sa cote s’effondre, celle de son Premier ministre grimpe. Au point que, selon deux enquêtes, davantage de Français prônent désormais, pour 2012, une candidature de François Fillon et non de Nicolas Sarkozy. Certes, une majorité de l’électorat de droite reste légitimiste : privilégie toujours le chef de l’Etat par rapport à son Premier ministre. Mais, ici aussi, deux enquêtes l’ont montré : un sympathisant UMP sur cinq - ce qui n’est pas rien - ne veut pas d’une candidature de Nicolas Sarkozy en 2012.

Du coup, ces jours-ci, l’expression "candidat naturel de la majorité" en 2012, accolée à Nicolas Sarkozy, fait un tabac à droite. François Fillon l’a encore répétée dimanche. C’est en substance aussi ce qu’a dit, le même jour, le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, "engagé à fond " dans cette perspective. "Candidat naturel" encore, dixit l’ex-Premier ministre Alain Juppé. "Je n’imagine pas" une non-candidature de Nicolas Sarkozy en 2012, a insisté lundi le leader des sénateurs UMP, Gérard Longuet, un proche de l’Elysée.

Mais la candidature de Nicolas Sarkozy ne va-t-elle plus de soi, qu’il faille une telle salve en quatre temps, et si appuyée ? Et Alain Juppé a-t-il des doutes, qu’il a déclaré dimanche ne pas exclure de briguer l’investiture "s’il arrivait, pour des raisons qui lui appartiennent, que Nicolas Sarkozy ne soit pas à nouveau candidat ?" Deux questions sans doute un peu trop délicates à et pour l’UMP, qui, lundi, a donc décrété que ce débat était prématuré.

Surtout, qu’en pense l’intéressé ? Nicolas Sarkozy a dit qu’il ne se dévoilerait pas avant la fin 2011. Mais, en attendant, il vient de laisser son épouse puis son père faire part de leurs réserves sur un second mandat. Nul n’a oublié les échos prêtant au chef de l’Etat une volonté "de faire de l’argent" dans le privé. Ni sa petite phrase de 2007 selon laquelle "l’énergie qu’un Président met à durer, il ne la met pas à faire" . Mais l’on sait aussi qu’en Ve République, jamais un Président sortant en bonne forme (ce qui excepte donc Georges Pompidou, malade) n’a résisté à la tentation de briguer un second mandat.

Si l’hôte de l’Elysée laisse durer le suspense, c’est sans doute parce que, vu son impopularité et celle de l’UMP aujourd’hui, il a intérêt à ne pas braquer ses opposants et donc à temporiser sur la chose. Intérêt, en somme, à prendre exemple sur Martine Aubry. Qui, ces derniers temps, a habilement renvoyé le sujet de 2012 à plus tard, insistant sur le fait qu’"avant 2012, il y a 2010 et 2011" - une posture manifestement payante, électoralement.

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page