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Italie
Berlusconi savoure une victoire relative
Frédéric Hacourt
Mis en ligne le 30/03/2010
Si la gauche semble vouloir confirmer son avantage en limitant les dégâts dans ces élections locales, le premier résultat qui s’impose est celui de l’abstentionnisme unanimement reconnu comme un échec retentissant de la politique. Seuls 64 % des 41 millions d’Italiens appelés à renouveler 13 conseils régionaux se sont rendus aux urnes alors qu’ils avaient été 72 % lors de la consultation précédente, en 2005.
Les observateurs mettent en cause le ton exacerbé de la campagne en grande partie voulu par le Premier ministre Silvio Berlusconi, leader incontestable de la droite qui partait avec un handicap. En effet, 11 des 13 administrations sortantes appartenaient à la gauche, l’ennemi démonisé par un Berlusconi à la fois agressif et plaintif dénonçant le "complot" dont il est l’objet.
Son "victimisme" obsessif a étoffé le parti du non-vote qui attire désormais un électeur sur trois. La pointe de la désaffection est atteinte à Rome où 44 % des ayants droit ont refusé de s’exprimer.
La situation est particulièrement confuse dans la capitale, la liste du parti de Silvio Berlusconi étant absente de la compétition. Talonnés par le spectre de l’échec, ses candidats manqués ont l’intention de créer le chaos durant le dépouillement des bulletins et il faudra attendre pour connaître l’ordre d’arrivée qui se jouera sur une poignée de votes. La radicale et ancienne commissaire européenne Emma Bonino, représentant la gauche, devrait bénéficier d’un léger avantage.
Une mention spéciale est à attribuer à L’Aquila, la ville du tremblement de terre dont on célèbre le premier anniversaire dans l’amertume et qui élisait son conseil provincial: le virus du non-choix y a contaminé 41 % des électeurs mécontents des lenteurs de la reconstruction, pourtant présentée par Silvio Berlusconi comme un modèle universel. Au point d’avoir maladroitement intimé aux bénéficiaires de logements provisoires l’ordre de s’exprimer en faveur de ses candidats, finalement pénalisés par une large majorité.
La Ligue du Nord donne du fil à retordre au Cavaliere Berlusconi. Bien évidemment, elle fait un tabac en Vénétie, son terroir privilégié, mais elle grimpe en flèche en Lombardie, ses votes y comptant pour près de la moitié des 58 % obtenus par Roberto Formigoni, le candidat sortant de la droite.
La formation xénophobe d’Umberto Bossi se distingue aussi dans le Piémont où, lundi en début de soirée, elle était en passe d’obtenir la majorité des suffrages.
Les petites entreprises inquiétées par la tournure que prend la crise en Italie se réfugient à l’ombre d’Umberto Bossi qui estime qu’un succès de cette envergure ne peut que le projeter au firmament du Peuple de la liberté (PDL), le parti de Sivio Berlusconi, lui donnant droit à un poste ministériel supplémentaire. On s’attend à de nouvelles tensions de ce côté-là.
Enfin en Campanie, le PDL s’impose plus facilement que prévu en accaparant 57 % des suffrages. En y ajoutant la Calabre, le panier électoral de Silvio Berlusconi s’élargit avec certitude à quatre régions et il considère avoir atteint son but.
Dans la gauche, déjà échaudée aux législatives de 2008 et encore titubante, on se résigne. Le cyclone Berlusconi, grand manipulateur des médias, continue à faire des victimes.
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