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Terreur sous Moscou
Boris Toumanov
Mis en ligne le 30/03/2010
Deux attentats à la bombe commis lundi matin dans le métro de Moscou ont plongé le centre de la capitale russe dans le chaos. La circulation en ville a été paralysée pendant plusieurs heures.
Ces attentats ont eu lieu à l’heure de pointe, à une quarantaine de minutes d’intervalle, dans deux stations "de la ligne rouge", la plus ancienne du métropolitain de Moscou liant le sud-ouest et le nord-est de la ville. Perpétrés par deux femmes kamikazes, ils ont fait 38 morts et 64 blessés, selon le bilan établi lundi soir. Leurs deux complices présumées sont recherchées dans tout Moscou.
Il est à noter que l’un de ces crimes a été commis à la station Loubianka, c’est-à-dire au cœur géographique de Moscou, là où se dresse l’immeuble du FSB (ex-KGB) à une centaine de mètres de la bouche du métro. Ce détail donne à supposer que le double attentat était pensé tout d’abord comme un défi lancé délibérément aux services de sécurité.
En tout cas, les représentants des forces de l’ordre déclarent avoir toutes les raisons de présumer que la seconde explosion devait avoir lieu à une station de métro située à vingt mètres du ministère de l’Intérieur. Selon eux, pour atteindre cette cible, la femme kamikaze n’avait qu’à prendre la correspondance avec la ligne circulaire, ce qu’elle n’a pas fait, faute de pouvoir s’orienter dans le métro de Moscou.
Cette tragédie a presque immédiatement conduit à un véritable désastre, qui a presque totalement bloqué le fonctionnement du métro à un moment où des centaines de milliers de Moscovites se dirigeaient vers leur lieu de travail. Déversée à la surface en deux points névralgiques de la ville, la foule a perturbé la circulation déjà extrêmement dense à cette heure dans les grandes artères, pour handicaper le mouvement des services d’urgence qui ont dû faire appel aux hélicoptères afin de pouvoir accéder aux lieux du drame.
Les autorités de la ville ont essayé de pallier la situation en organisant des lignes de bus supplémentaires mais la majorité des passagers du métro ont dû marcher ou prendre des taxis pour arriver à leur destination. Détail sordide - les chauffeurs de taxi ont sauté sur l’occasion pour demander des sommes vertigineuses pour la course. D’autre part, la panique générale a presque bloqué, pendant quelques heures, tous les réseaux de téléphonie mobile de la capitale.
Cette fois, le choc a visiblement ébranlé le fatalisme habituel des habitants de Moscou. Dans l’après-midi nous avons pu constater que, dans les stations des autres lignes du métro, il y avait toujours plus de policiers que de passagers dont certains avouaient avoir dû surmonter leur peur avant d’y descendre.
Rappelons que le dernier attentat de ce genre a eu lieu dans le métro de Moscou en février 2004. L’explosion d’une bombe actionnée par un terroriste kamikaze avait fait 41 morts et 250 blessés. A l’époque, les autorités russes avaient attribué ce crime "au terrorisme tchétchène", mais cette fois, elles se gardent bien de toute précision en parlant prudemment "d’un groupe terroriste lié au Caucase du Nord". Cela malgré le fait qu’une obscure "organisation terroriste tchétchène" a revendiqué sur Internet la responsabilité de cette action sanglante.
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