Abonnez-vous a La Libre Belgique

Italie

Berlusconi sort renforcé mais la Ligue fera payer l'addition

AFP

Mis en ligne le 30/03/2010

Le chef du gouvernement italien est sorti renforcé des régionales partielles de dimanche et lundi mais il devra composer avec les revendications de son puissant allié populiste de la Ligue du nord au risque de remous dans sa majorité de droite.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi est sorti renforcé des régionales partielles de dimanche et lundi mais il devra composer avec les revendications de son puissant allié populiste de la Ligue du nord au risque de remous dans sa majorité de droite, selon les experts.

"La droite gagne sur le char de la Ligue" (La Repubblica), "Victoire de Berlusconi et de la Ligue" (Corriere della Sera), les grands journaux soulignent mardi la contribution décisive de la Ligue aux performances de la coalition.

Déjouant les pronostics, la majorité au pouvoir s'est adjugée six régions contre sept pour la gauche, en lui ravissant quatre régions s'ajoutant à ses bastions historiques de Lombardie (région de Milan) et Vénétie.

Plus spectaculaire encore: la droite a remporté la région de Rome, le Latium, au terme d'un duel entre sa candidate, la syndicaliste Renata Polverini et l'ex-commissaire européenne Emma Bonino, mais aussi la région ouvrière du Piémont, siège de Fiat, où le "léguiste" Roberto Cota a créé la surprise en détrônant la présidente sortante.

Dans cette région de Turin comme en Vénétie (nord-est) où a triomphé l'actuel ministre de l'Agriculture, Luca Zaïa, la Ligue a été une locomotive pour la coalition.

"Le résultat est impressionnant, la Ligue gagne dans la partie la plus riche de l'Italie. C'est la grande leçon de ces régionales", a souligné pour l'AFP Marc Lazar, politologue français spécialiste de la péninsule.

A l'échelle nationale, ce parti au discours anti-immigrés et autonomiste ancré presque exclusivement au Nord, a attiré 12,7% des suffrages, plus du double qu'en 2005 (5,7%) et mieux qu'aux législatives de 2008 (9,5%).

Berlusconi "paye déjà cher son alliance de gouvernement avec la Ligue (qui lui a assuré la victoire en 2008, NdlR), mais l'addition sera de plus en plus salée", a estimé M. Lazar.

Le chef de la Ligue Umberto Bossi a donné un avant-goût de ses exigences en "inscrivant son nom" pour la candidature à la mairie de Milan, capitale économique de l'Italie, remise en jeu l'an prochain. La Ligue voudrait aussi conserver le ministère de l'Agriculture, ce qui promet de gros marchandages avec la droite berlusconienne.

"Bossi peut exiger des réformes comme le fédéralisme fiscal ou un Etat (central) plus léger", a estimé dans le Sole-24 Ore, l'éditorialiste Stefano Folli.

Au risque de provoquer de sérieux remous dans la majorité et des résistances de la part d'un autre important allié de Berlusconi, le président de la Chambre des députés Gianfranco Fini.

L'autre leçon du scrutin pour les experts a été le mauvais score du parti de Berlusconi, Peuple de la liberté (PDL) qui reste la première formation politique mais n'a recueilli que 26,7% des suffrages, loin des 33,3% des législatives de 2008.

Selon M. Lazar, le PDL, discrédité par des scandales de corruption et un cafouillage dans le dépôt des listes électorales, a été pénalisé par l'abstention qui a battu tous les records depuis l'entrée en politique de Berlusconi il y a 16 ans, dans un pays traditionnellement assidu aux urnes.

La faible participation (64,2%, -7% par rapport à 2005) traduit plus généralement, selon le politologue, "une désaffection à l'égard de la classe politique d'un électorat" très préoccupé des effets de la crise. Un désenchantement illustré aussi par la percée de la Ligue du nord en Toscane (7%) et le score du comique Beppe Grillo en Emilie-Romagne, deux régions "rouges".

De son côté, le centre-gauche a limité les dégâts avec une stabilisation du Parti démocrate, deuxième plus grand parti du pays avec 26% des voix, ce qui en fait "le principal opposant au berlusconisme", selon M. Lazar, aux côtés de l'Italie des valeurs (IDV) de l'ex-juge anti-corruption Antonio Di Pietro dont la progression a été contenue à 7%.

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page