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Édito

Srebrenica, le pardon

Christophe Lamfalussy

Mis en ligne le 01/04/2010

Christophe Lamfalussy

En juillet 1995, alors que l’Europe partait en vacances, des soldats menés par le général serbo-bosniaque Ratko Mladic descendirent tranquillement des collines surplombant Srebrenica. Les 460 Casques bleus néerlandais censés protéger l’enclave bosniaque musulmane n’opposèrent aucune résistance. Certains soldats de Mladic portaient le casque de l’Onu. Ils séparèrent les hommes, des femmes et des enfants. Il fallut quelques jours pour que l’Europe réalise ce qui s’était produit. On découvrit que 8 000 hommes de Srebrenica avaient été tués, les uns dans leur fuite de l’enclave, fusillés au canon dans les bois, les autres liquidés avant d’être jetés dans un charnier.

Quinze ans après les faits, la Serbie vient de reconnaître sa responsabilité dans cette tragédie. Elle demande pardon aux familles des victimes. Elle espère aussi que ce geste va amorcer un processus de réconciliation dans l’ex-Yougoslavie. Saluons la maturité politique du Président serbe, Boris Tadic, qui a montré ici qu’il avait l’étoffe d’un chef d’Etat, capable de mettre un peuple devant ses responsabilités et son Histoire. Les nationalistes en Serbie feintent d’ignorer l’écrasante responsabilité du régime Milosevic. Mais avertissons aussi la Serbie qu’il n’y a pas de demi-mesure dans le pardon. Si le Parlement serbe cherche, par d’autres résolutions, à souligner que des civils serbes périrent aussi dans ces guerres, ce qui est vrai, il ne parviendra qu’à entériner la fausse croyance que chacun portait une responsabilité égale dans ce conflit.

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