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Thaïlande

La tension monte à Bangkok

Mis en ligne le 07/04/2010

Les “chemises rouges” occupent des endroits stratégiques de la capitale.

La tension est montée d’un cran mardi en Thaïlande où les manifestants qui veulent la chute du gouvernement ont provoqué les forces de l’ordre et défilé dans des sites stratégiques de Bangkok, tandis qu’une grenade faisait deux blessés près du siège du parti du Premier ministre. Ce dernier n’était pas présent au moment de l’explosion.

Le Parti démocrate (PD) célébrait son 64e anniversaire alors que son chef, Abhisit Vejjajiva, à la tête d’une fragile coalition parlementaire, est chahuté depuis le 14 mars par des dizaines de milliers "de chemises rouges", partisans de l’ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra.

Des heurts sporadiques ont émaillé un face-à-face entre policiers antiémeute et "chemises rouges" qui occupent depuis samedi un quartier touristique et d’affaires de la capitale, paralysant l’activité d’hôtels de luxe et de centres commerciaux dont les pertes se comptent en millions d’euros. Des policiers ont été déployés en début de matinée pour les en déloger.

Au total, onze axes de la capitale sont interdits aux manifestants. Mais les leaders du mouvement, entré dans sa quatrième semaine, ont répondu qu’ils n’obéiraient pas au gouvernement, soutenu par les forces armées. " Nous sommes prêts à nous battre et à mourir ici [ ]. Nous n’avons aucune volonté de nous retirer et de rentrer à la maison les mains vides , a déclaré Nattawut Saikuar, un "des cadres rouges". Je demande 5 000 volontaires pour venir forcer les militaires à rentrer dans leurs casernes."

Les manifestants ont ensuite annoncé leur volonté "de forcer tous les barrages ". Mais ils ont pu défiler sans opposition dans certaines artères avant de revenir au cœur du quartier touristique où ils ont désormais installé des tentes.

Le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban a indiqué que des mandats d’arrêts seraient émis contre dix leaders de l’opposition. Mais le pouvoir tente malgré tout de calmer le jeu, affirmant qu’il n’a pas l’intention de briser le mouvement par la force après les dérapages d’avril 2009 qui avaient fait deux morts et plus de cent vingt blessés.

" Nous avons donné des instructions précises aux officiers pour qu’ils ne provoquent pas d’affrontements ni n’utilisent la force de façon excessive ", a expliqué le porte-parole du gouvernement. (AFP)

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