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Blair, un atout ?
Mis en ligne le 07/04/2010
Tony Blair a apporté un soutien remarqué à son successeur Gordon Brown et devrait participer activement à la campagne du Labour, une stratégie à double tranchant tant l’ex-Premier ministre continue de diviser les Britanniques. C’est le village de Trimdon, dans son ancienne circonscription du nord-est de l’Angleterre, que Tony Blair a choisi mardi pour son retour sur la scène politique nationale depuis sa démission, en mai 2007. Dans un discours visant à galvaniser les travaillistes pour les législatives, l’ex-Premier ministre a rendu à Brown un hommage aussi appuyé que surprenant, eu égard aux relations tendues entre les deux hommes par le passé.
La position délicate dans laquelle se trouve le Parti travailliste, donné perdant par la plupart des sondages, le contraint à faire feu de tout bois. L’intervention de Trimdon sera ainsi suivie d’ "un ou deux discours là où Gordon Brown et le Labour aimeraient l’avoir", a précisé son ami et ancien agent John Burton. Mais les politologues se demandent si Tony Blair est un atout ou un handicap dans la campagne travailliste face à l’opposition conservatrice emmenée par le jeune et dynamique David Cameron. Tony Blair "suscite des antagonismes très forts, en particulier en raison de la guerre en Irak", rappelait récemment à la BBC Peter Kilfoyle, ministre de la Défense sous Blair.
"Mais ce n’est pas seulement cela, je pense qu’il personnifie tout ce que les gens n’aiment pas à propos du New Labour", ajoute M. Kilfoyle. Son goût des caméras a souvent été critiqué quand il était au gouvernement. Depuis son départ, c’est plus son goût pour l’argent qui intéresse ses détracteurs. Tony Blair ne reçoit pas de salaire pour sa mission au Proche-Orient, mais il est rémunéré 2200 euros la minute en tant que conférencier sillonnant le monde, selon les calculs des médias. Il est également conseiller de JP Morgan et de Zurich Financial. "Combien d’argent a-t-il gagné ces trois dernières années ?", demande Amanda Platell, ancienne responsable de la communication pour les Tories. "Il n’est pas en phase avec la population, soucieuse de garder un toit ou un emploi." (AFP)
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