Abonnez-vous a La Libre Belgique

Afghanistan

Les Allemands mal équipés

Marcel Linden

Mis en ligne le 08/04/2010

Berlin se refuse à “faire la guerre” en Afghanistan. Ses soldats en paient le prix.
Correspondant en Allemagne

La mort de trois paras allemands dans une embuscade à Kunduz, le jour du Vendredi Saint, a déclenché une polémique sur les déficiences de la Bundeswehr : on reproche au ministère de la Défense et à l’armée de négliger l’équipement et la formation des soldats.

Berlin ne semble pas prêt à vouloir donner une riposte militaire vigoureuse aux attaques des talibans. Le représentant du Bundestag pour la Bundeswehr, le député social-démocrate Reinhold Robbe, reproche "à la tête de l’armée de ne pas percevoir suffisamment les réalités sur le terrain". Il critique surtout le fait qu’il n’y a pas assez de blindés du type Dingo en Allemagne pour y entraîner les soldats avant leur envoi en Afghanistan.

C’est que la plupart des blindés disponibles sont là-bas, en Afghanistan. Le successeur désigné de M. Robbe, le député libéral Hellmut Königshaus, a réclamé des chars lourds Leopard II et des hélicoptères de combat. Il exige une adaptation de la formation des soldats à la nouvelle tactique d’attaque massive des talibans.

D’anciens hauts gradés relèvent que les Alliés ont, eux, recours à des armes offensives : les Canadiens utilisent des Leopard II et les Néerlandais emploient des obusiers. Or, depuis qu’en septembre 2009 le bombardement de deux camions-citernes près de Kunduz, ordonné par la Bundeswehr, a fait 140 morts, et que Bundestag et parquet enquêtent sur la responsabilité du colonel Georg Klein, les dirigeants politiques et militaires sont encore moins disposés que par le passé à employer la manière forte.

L’ex-inspecteur général de la Bundeswehr, Harald Kujat, trouve que, trop longtemps, Berlin a fait comme si le contingent en Afghanistan devait surtout forer des puits. La cérémonie funéraire, qui aura lieu vendredi en Basse-Saxe, là où étaient stationnés les trois soldats tués au combat, va renforcer l’impression que les dirigeants ignorent les besoins de la troupe.

Le ministre de la Défense CSU, Karl-Theodor zu Guttenberg, a admis "qu’en langage courant on peut parler de guerre en Afghanistan" - ses prédécesseurs n’y avaient vu qu’un engagement de stabilisation -, mais il n’a rien dit sur l’adaptation de l’armée.

Son secrétaire d’Etat, Christian Schmidt, a affirmé que la Bundeswehr est "bien équipée", mais il a concédé que l’industrie tarde à livrer des hélicoptères de combat Eurocopter et des hélicoptères de transport NH 90.

L’impression prévaut que le Parlement n’est toujours pas enclin à augmenter les moyens de la Défense. Susanne Kastner, présidente social-démocrate de la commission de la Défense du Bundestag, prétend que "jamais les soldats présents en Afghanistan n’ont réclamé d’hélicoptères de combat". La classe politique veut surtout amadouer le public hostile à l’engagement allemand dans ce pays. Il n’est pas étonnant que le syndicat des soldats déconseille de recourir aux chars : "Ce serait trop martial". Un porte-parole de l’armée de terre croit que "ce serait un signal malvenu pour la population afghane".

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page