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Migration

Lorena Escudero: "Le migrant est une ressource"

G.C.

Mis en ligne le 07/06/2010

Le gouvernement vient en aide à ses ressortissants à l’étranger.

Ason arrivée au pouvoir en janvier 2007, le président de gauche Rafael Correa a immédiatement affiché l’aide à la diaspora comme priorité de son mandat. C’est à cette fin qu’il crée le Secrétariat national aux Migrants (Senami), à la tête duquel il nomme Lorena Escudero. Une ministre de l’Immigration chargée de mettre en place une série de programmes pour faciliter la vie des Equatoriens à l’étranger et aider ceux qui le désirent à revenir au pays et à s’y sentir à nouveau chez eux.

En Espagne et aux Etats-Unis, la Senami a par exemple ouvert des "Casas ecuatorianas", représentation du ministère à destination du migrant, qui même dans la clandestinité et la précarité économique et sociale, lui permet de garder une forme de lien avec son pays d’origine. Le ministère a également mis sur pied des programmes d’aide au retour tels que "Bienvenido a casa" ou le fond "cucayo" qui signifie "repas" en langue quechua, dans le but d’offrir au migrant la possibilité de se réinsérer dans son pays d’origine, et de participer pleinement à son développement économique et social.

"L’aide aux migrants est une politique complète, dont l’aide au retour n’est qu’un aspect", explique Lorena Escudero. "Nous pensons par-dessus tout que nos concitoyens ont le droit de rester chez eux. Mais ceux qui, par choix ou par nécessité économique, partent vivre à l’étranger ont le droit de le faire dans le respect de leurs droits fondamentaux et de leur dignité."

Un discours à peine voilé pour désigner les politiques migratoires européennes très restrictives, qui se sont soldées encore récemment par la rétention et l’expulsion de ressortissants équatoriens en séjour irrégulier vers leur pays d’origine. L’une des missions de la Senami est d’ailleurs d’organiser l’accueil de ces ressortissants expulsés dès leur arrivée à l’aéroport.

"Pour nous, l’immigration est un phénomène positif pour la société d’accueil. Le dernier rapport du PNUD nous conforte d’ailleurs en ce sens. Il faut bien sûr gérer les flux, les organiser, mais il faut aussi donner des droits aux migrants. Ce sont les trafiquants d’êtres humains qu’il faut poursuivre, pas les immigrants."

Le gouvernement équatorien voit donc les immigrants comme une ressource et comme des acteurs de développement, au même titre que leurs concitoyens restés au pays. La nouvelle constitution, adoptée en 2008, reconnaît d’ailleurs explicitement au migrant sa qualité de citoyen à part entière. " En moins d’une décennie, notre pays a vu partir près d’un dixième de sa population. C’est une conséquence directe de la crise économique, et de plusieurs années de politique néolibérales menées par les gouvernements précédents."

Depuis l’arrivée du président Correa, les émigrants équatoriens commencent peu à peu à regagner leur pays. "On estime à 12 000 le nombre de nos concitoyens qui sont déjà de retour. On ne peut donc pas parler de retour massif, mais je pense que la dynamique est en marche." La Senami espère doubler le nombre de retour durant l’année 2010.

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