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France
Les gens du voyage estiment que Sarkozy leur a déclaré la guerre
AFP
Mis en ligne le 26/07/2010
Le président Sarkozy "veut nous faire la guerre mais, attention, nous sommes plus déterminés que les tsiganes d'autrefois à ne pas nous laisser faire", menace Alain Daumas, président de l'Union Française des Associations Tziganes (UFAT), selon lequel "une réunion à l’Elysée sur les +problèmes posés par les Tziganes+ est une première depuis la Libération".
Le chef de l'Etat a annoncé cette réunion en même temps que sa volonté de mener "la guerre" à la délinquance, après des violences dans le centre de la France il y a huit jours à Saint-Aignan où une gendarmerie a été attaquée à la suite de la mort d'un jeune membre de la communauté des gens du voyage au cours d'une course poursuite.
Cette initiative relève "d’une politique de nature raciale", accuse dans un communiqué un collectif d'associations tsiganes selon lequel ces populations sont soumises en France à "un véritable régime d’apartheid en raison d’une législation d’exception".
Alain Daumas cite notamment à ce propos, les restrictions à la liberté de circulation, l'obligation de se signaler tous les trois mois aux services de police ou de la gendarmerie, ou encore le refus de certaines communes de scolariser les enfants.
La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) est d'ailleurs intervenue à plusieurs reprises pour faire annuler des dispositions discriminant les gens du voyage.
Le Comité européen des droits sociaux, et à sa suite le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, ont récemment notifié à la France sa violation de sept articles de la Charte sociale européenne, que la France a pourtant ratifiée, pour les "Gens du voyage" et les Roms, "en raison des conditions de vie qui leur sont faites", rappelle le sociologue Jean-Pierre Liégeois.
Le Collectif des Associations Tziganes demande "l’abrogation de toutes les lois discriminatoires et une action résolue au plus haut niveau de l’Etat pour lutter contre le racisme anti-tzigane".
La réunion prévue à l'Elysée "est dangereuse", estime Jean-Pierre Liégeois, qui espère tout de même qu'elle "sera utile".
Le rendez-vous "est déjà une réactivation des attitudes les plus négatives, par les propos tenus par le Président de la République et ceux qui l'entourent, car elle renforce les stéréotypes les plus négatifs, elle les confirme (si le Président le dit...)", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Dans la dynamique des propos tenus par les responsables politiques au plus haut niveau, on peut être inquiet quant aux décisions qui seront prises, ou qui sont déjà prises, puisque le Président a prévu par anticipation que la réunion décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière", craint-il.
Pourtant, selon lui, "c'est la France, et non les familles, qui violent la Charte sociale européenne" et c'est "la France qui n'applique pas sa propre loi Besson", du nom d'un ancien ministre socialiste des transports et du logement, qui oblige toute commune de plus de 5.000 habitants de réaliser des aires d'accueil pour les voyageurs.
"Ce sont sans doute plus de 50% des familles qui sont obligatoirement, mathématiquement, +en situation irrégulière+", calcule le sociologue en se demandant sur quelle base juridique on va les expulser et si "on va envoyer tous ces citoyens français en Roumanie". ao/hel/bir
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