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Sur la voie de l’apaisement

E.S.

Mis en ligne le 31/07/2010

Après dix ans de pouvoir, Bachar el-Assad présente un bilan mitigé.

Le 17 juillet dernier, Bachar el-Assad fêtait ses dix ans à la tête de la Syrie. Un anniversaire marqué par un bilan en demi-teinte. A l’origine, c’est son frère Bassel qui était appelé à prendre la succession de son père, Hafez el-Assad. Ce n’est qu’en 1994, quand Bassel meurt dans un accident, que Bachar, qui a suivi une formation d’ophtalmologue à Londres, est plongé par son père dans le chaudron de la politique syrienne.

A son arrivée au pouvoir, Bachar, alors âgé de 34 ans, promet la mise en œuvre de réformes. Après les dures années Hafez el-Assad, les activistes syriens s’engouffrent dans la brèche du "printemps de Damas". Des pétitions sont publiées qui appellent notamment à la fin de l’état d’urgence et au pluripartisme. Les espoirs sont douchés en septembre 2001 avec l’arrestation de militants. Dix ans plus tard, le bilan est sombre. "Que le président Assad ait été empêché de lancer des réformes par la vieille garde, ou qu’il soit un dirigeant arabe de plus à refuser d’écouter les critiques, le résultat est le même pour le peuple syrien : pas de liberté, pas de droits" , indiquait Human Rights Watch dans un communiqué publié le 16 juillet dernier.

Sur le plan diplomatique, le président Assad aura au moins réussi à replacer la Syrie au cœur du jeu régional. Ce qui n’était pas gagné d’avance, tant la Syrie s’était retrouvée isolée après son opposition à l’offensive américaine en Irak en 2003 et, surtout, après l’assassinat en 2005 de Rafic Hariri pour lequel Damas, dans un premier temps du moins, était pointé du doigt. Le vent commence à tourner en 2006. Le tournant se confirme en 2008 quand Damas s’engage dans une normalisation de ses relations avec Beyrouth. S’en suit un réchauffement franco-syrien qui se traduit par la présence de Bachar el-Assad sur les Champs-Elysées lors du défilé du 14 juillet 2008. L’année suivante est marquée par un rapprochement entre l’Arabie saoudite et la Syrie.

Parallèlement, Damas se lance dans des négociations indirectes, via une médiation turque, avec Israël qui occupe toujours le plateau du Golan. Avec les Etats-Unis, les relations se détendent avec l’élection de Barack Obama.

Mais si la Syrie a rejoint le concert des nations, sa situation reste fragile. Les négociations avec Israël sont toujours dans l’impasse et Washington a reconduit les sanctions contre Damas, qu’il accuse toujours de soutenir des groupes "terroristes" , au premier rang desquels le Hamas et le Hezbollah. Aujourd’hui, la Syrie est, en outre, sous pression pour prendre ses distances avec son allié iranien.

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