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Congo-Kinshasa
Violences au Congo : des militaires à nouveau accusés
MFC (avec AFP)
Mis en ligne le 01/09/2010
Une semaine après avoir été enlevé sur la route Goma-Saké (Nord-Kivu, à l’est du Congo), le président de la société civile de Masisi (localité du Nord-Kivu), Sylvestre Bwira, a été retrouvé dans la nuit de lundi à mardi à moitié mort. Il a été hospitalisé en soins intensifs.
Selon la Monusco (Mission de l’Onu pour la stabilisation du Congo), "deux hommes en tenue militaire l’auraient obligé à prendre place dans un véhicule militaire" le 24 août dernier. Il faisait l’objet de "menaces et actes de harcèlement", en particulier depuis que, le 30 juillet dernier, il avait rendu publique une lettre qu’il avait écrite au président Joseph Kabila pour dénoncer "des violations graves des droits de l’homme commises par les militaires des FARDC (l’armée) dans le territoire de Masisi et aurait demandé leur délocalisation".
Sylvestre Bwira vivait alors depuis plusieurs mois déjà dans la clandestinité à Goma avec sa femme et ses trois enfants, a dit le président par intérim de la société civile de Goma, Thomas Muiti.
Selon ce dernier, qui a pu parler à la victime, M. Bwira "toute la semaine a été tabassé, ligoté, les yeux bandés et gardé d’abord dans un tunnel, puis dans un cachot souterrain où se trouvaient des corps en décomposition et des ossements humains (...) Il a beaucoup saigné (...) Avant de le libérer, on lui a fait une injection dont on ignore" la composition. M. Bwira a été relâché dans le parc des Virunga.
Le martyre qu’il a enduré rappelle celui subi par le président de l’ONG de défense des droits de l’homme la Voix des Sans Voix, Floribert Chebeya, tué après des violences alors qu’il avait été convoqué par la police à Kinshasa, dans la nuit du 1er au 2 juin derniers. Le chef de la police nationale, le général John Numbi, a été suspendu pour ses responsabilités présumées dans cet assassinat et plusieurs officiers de police arrêtés ; depuis lors, cependant, l’enquête n’a fait aucun progrès. Les défenseurs des droits de l’homme réclament une enquête indépendante et dénoncent une tentative d’ "étouffer" l’affaire.
Vendredi dernier encore, un autre animateur d’ONG du Nord-Kivu, Basile Kapumba, d’Action solidaire pour la paix et le développement, a été enlevé par des hommes en uniforme à son domicile de Goma, a dénoncé Thomas Muiti. Selon ce dernier, le même jour à Goma, un autre animateur d’ONG a été "menacé d’enlèvement" et un autre a vu la clôture de son domicile "forcée par des hommes en uniforme" dans la nuit de dimanche à lundi.
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