La Libre.be > Actu > International > Article
Mexique
Rançonner les clandestins
AFP
Mis en ligne le 04/09/2010
L’annonce du massacre la semaine dernière au Mexique, à San Fernando (près de la frontière avec les Etats-Unis), de 72 émigrants clandestins, venus pour la plupart d’Amérique centrale, a fait sauter la chape d’indifférence pesant sur le sort de ces deshérités en quête d’Eldorado aux Etats-Unis. Les clandestins avaient été séquestrés par le gang mexicain des "Zetas".
On sait maintenant qu’un véritable trafic d’êtres humains existe au Mexique, où des gangs séquestrent des candidats à l’immigration aux Etats-Unis pour réclamer une rançon à leurs familles restées au pays. Le dernier cas a été révélé jeudi par la mère d’un petit Equatorien de 9 ans ; ce dernier est aux mains d’un gang tandis qu’elle-même a été relâchée pour rassembler une rançon de 4 000 dollars (3 125 euros). La mère et le fils avaient été enlevés près de la ville mexicaine de Villahermosa, proche du Guatemala.
A la frontière avec la Californie, près de Tijuana, dix-sept émigrants, apparemment mexicains, sont également sequestrés ; on le sait grâce à deux membres du groupe relâchés mercredi, qui ont dû fournir au gang les numéros de téléphone de leurs familles, auxquelles les ravisseurs demandent une rançon de 4 500 dollars, selon eux. Le même jour, dans la station balnéaire de Cancun, la police a libéré six Cubains qui ont expliqué "avoir été séquestrés plus d’un mois". Leurs ravisseurs demandaient "entre 8 000 et 10 000 dollars à leurs familles à Miami pour les libérer", selon la police locale.
Le massacre de San Fernando a fait la Une des médias, mais cela fait au moins deux ans que des ONG et des administrations mexicaines tentent d’attirer l’attention sur la "diversification" des cartels de la drogue dans le racket des clandestins. Un demi-million d’émigrants traversent chaque année le Mexique du sud au nord pour entrer aux Etats-Unis. "Je crois que les autorités avaient assez d’informations de terrain pour être au courant", a déclaré un expert de la faculté latino-américaine de sciences sociales, Rodolfo Casillas.
Les policiers ferment parfois les yeux ou sont complices : plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. (AFP)
10mn28 pour gravir l’Empire...
Barack Obama teste une arme redoutable
Parodie: Sarkozy face à la crise
Charles et Camilla fêtent Dickens