Abonnez-vous a La Libre Belgique

france

Woerth oublie l'affaire Bettencourt pour passer aux retraites

AFP

Mis en ligne le 07/09/2010

Oubliant un temps l'affaire Bettencourt, le ministre du Travail Eric Woerth a commencé mardi de défendre à l'Assemblée le projet de réforme des retraites, alors que les syndicats annonçaient une participation-record à la journée de mobilisation contre le texte.

"Le débat qui commence aujourd'hui est un moment essentiel pour notre pays", a déclaré M. Woerth devant une centaine de députés, lançant un débat qui doit durer une semaine (50 heures hors temps de parole du gouvernement). La réforme doit être votée mercredi 15 septembre à l'Assemblée, avant de partir en navette au Sénat. Elle doit être adoptée définitivement avant la Toussaint.

"Notre responsabilité, c'est de dire aux Français qu'il faudra bien travailler plus longtemps si nous voulons assurer le financement des retraites de nos enfants", a poursuivi le ministre du Travail. Il relayait la parole du Premier ministre François Fillon, qui avait dans la matinée demandé aux députés UMP de tenir bon sur le relèvement de l'âge de départ à la retraite (60 à 62 ans pour l'âge légal, 65 à 67 ans pour un départ sans décote). Cette mesure a précipité dans la rue 2,5 millions de manifestants, selon la CFDT (1,12 million selon la police).

Pour la énième fois, Eric Woerth a déroulé son argumentaire, affirmant que "si nous ne faisons rien", le déficit des régimes des retraites atteindra "100 milliards en 2050". Le ministre s'exprimait devant une centaine de députés, affluence exceptionnelle pour la discussion d'un projet de loi dans ses aspects techniques.

L'ambiance était cependant plus sereine qu'une heure auparavant lors des questions au gouvernement, quand le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a demandé une -brève- suspension de séance au moment où les députés PCF ont voulu remettre en mains propres au gouvernement une pétition -signée par 120.000 personnes selon eux- contre sa réforme.

Lors de cette séance, François Fillon a attaqué le PS sur son manque de "crédibilité". Le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault a lui reproché à l'exécutif son manque d'écoute, excluant au passage toute question sur "l'affaire Woerth-Bettencourt". M. Woerth, sur la sellette dans cette affaire depuis deux mois et demi, a encore affirmé que la réforme supprimait les déficits "dès 2018", alors que l'opposition PS lui reproche de ne pas financer sa réforme au-delà de cette date - en siphonnant au passage le fonds de réserve des retraites (FRR).

"Le gouvernement va proposer de nouvelles avancées", a dit M. Woerth, notamment sur la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés. Voulant "relayer la colère d'une immense majorité de Français", l'oratrice PS Marisol Touraine a souligné que "oui, les Français, ceux qui défilent comme les autres, veulent une réforme mais ils veulent une réforme juste qui prenne en compte la dureté de certains parcours (...) et garantisse la pérennité de nos retraites". Pour financer les retraites, elle a exigé "la solidarité" des revenus du "capital": "Avec votre projet, ce sont les ouvriers qui vont payer pour la retraite des cadres supérieurs. Vous avez inventé la solidarité à l'envers!".

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page