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Irak

Les USA pourraient maintenir des milliers de soldats en Irak

AFP

Mis en ligne le 07/09/2010

D'après Richard Haas, diplomate à l'époque du président George W. Bush, il est très probable que les "dirigeants irakiens demandent à ce que des dizaines de milliers de soldats américains restent plus longtemps".

Les Etats-Unis devront très probablement maintenir plusieurs milliers de leurs soldats en Irak après 2011 afin de juguler les tensions religieuses et de soutenir une armée irakienne encore peu aguerrie. Le 31 août, le président Barack Obama a officiellement marqué la fin de la mission de combat des troupes américaines dans le pays. Les quelque 50.000 GI's qui y sont encore stationnés sont en principe cantonnés à des tâches de soutien et d'aide à leurs homologues irakiens.

Le dernier soldat américain devra avoir quitté le sol irakien à la fin de l'année prochaine. Mais en privé, des responsables du Pentagone reconnaissent que les troupes américaines devront rester au-delà de cette date-butoir. Les forces irakiennes sont en effet toujours très dépendantes de la logistique que l'armée américaine met à sa disposition et des conseils qu'elle lui dispense.

Ensuite, vient cette peur lancinante de voir resurgir les vieux conflits inter-religieux. "La priorité, c'est moins d'apprendre (aux soldats irakiens) à se servir d'armes que d'assurer une présence rassurante pour éviter les tensions entre les groupes ethniques et religieux", explique Stephen Biddle, du Council on Foreign Relations, un groupe de réflexion.

Enfin, malgré une nette baisse des violences depuis le pic observé en 2007, l'Irak demeure le théâtre d'attentats quotidiens. La branche irakienne d'Al-Qaïda a ainsi revendiqué l'attaque d'un complexe militaire du centre de Bagdad dimanche, qui a fait 12 morts.

Si le Pentagone décidait de continuer à faire jouer à ses soldats un rôle de conseiller technique, quelque 10.000 soldats seraient nécessaires, estiment d'anciens officiers. "Je pense que même avec moins de 10.000 soldats ce serait faisable", pense John Ballard, officier à la retraite et professeur à la National Defense University.

Pour l'heure, la Maison Blanche préfère s'en tenir à son plan initial. Anthony Blinken, le conseiller pour la sécurité du vice-président Joe Biden, estime que seuls "quelques dizaines ou quelques centaines" de soldats américains pourraient être maintenus sur place après 2011. A Bagdad cependant, ces déclarations ne sont pas du goût du chef d'état-major irakien. Le mois dernier, le général Babaker Zebari avait dit à l'AFP que "s'ils me posent la question du retrait, je répondrai aux hommes politiques que l'armée américaine doit rester jusqu'à ce que l'armée irakienne soit prête en 2020".

D'après Richard Haas, diplomate à l'époque du président George W. Bush, il est très probable que les "dirigeants irakiens demandent à ce que des dizaines de milliers de soldats américains restent plus longtemps". Dans un tel cas, le rôle des Etats-Unis pourrait être de mettre à disposition ses hélicoptères et ses avions pour l'armée irakienne, qui n'a pour ainsi dire aucune armée de l'Air. Ils pourraient également assurer la défense des ports et effectuer un précieux travail de collecte de renseignements à l'aide de drones (avions sans pilotes).

En outre, les forces spéciales pourraient continuer à épauler leurs homologues irakiens dans leur traque des combattants d'Al-Qaïda, estime James Danly, de l'Institute for the Study of War. Et si les relations entre les sunnites, les chiites et les Kurdes menacent de dégénérer, Bagdad serait bien soulagé de pouvoir se tourner vers l'allié américain, ajoute M. Danly.

Pour le moment, ces projets n'en sont qu'au stade de la réflexion. Avant toute discussion, les Irakiens doivent d'abord se doter d'un gouvernement, qui n'a toujours pas été formé depuis les élections législatives du mois de mars.

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