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Strasbourg/Bruxelles, une guéguerre qui n'en finit plus

Stéphanie Carion

Mis en ligne le 19/04/2011

Le député britannique libéral Edward McMillan-Scott invite à lui adresser toute idée utile de compensation pour Strasbourg en cas de départ du parlement vers Bruxelles.
Alors que des choses très sérieuses sont débattues tous les jours au Parlement européen, la guerre des sièges fait rage entre Bruxelles et Strasbourg. C’est un vieux conflit, certes. Mais ces derniers jours, il est à nouveau sur le devant de la scène. Dernière idée en date : un débat public pour trouver des mesures compensatoires à Strasbourg si jamais le Parlement est complètement rapatrié à Bruxelles.

Cette idée vient du député britannique libéral Edward McMillan-Scott, un partisan du regroupement des activités du parlement européen à Bruxelles. Son débat public a été lancé sur Internet, mais en anglais uniquement : www.brusselsstrasbourgstudy.eu. Le député y a publié un rapport intitulé : "Strasbourg: y a-t-il une vie après le Parlement européen? " et invite ses collègues, ainsi que le grand public, à lui adresser toute idée utile de compensation pour Strasbourg en cas de départ du parlement vers Bruxelles. Edward McMillan-Scott n’y va pas par quatre chemins, il estime le coût des navettes entre les deux hémicycles à 180 millions d’euros par an. Et pour ce qui est du coût environnemental, ces trajets provoqueraient le rejet de 19.000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère. A côté de cette réalité, de nombreux députés se plaignent du manque de communication entre les deux villes : trop peu d’avions, une ligne ferroviaire qui n’est pas adaptée.

Une idée parmi d’autres… mais pendant ce temps, Paris et Luxembourg ont décidé de saisir la justice pour bloquer la récente décision d'élus pro-Bruxelles de supprimer une des douze sessions plénières annuelles dans la capitale alsacienne en 2012 et 2013. Cette initiative, portée par un député européen britannique, Ashley Fox, a pour but de réduire au maximum les transhumances entre Bruxelles et Strasbourg. Si les députés européens sont concernés par tous ces déplacements, il en va de même pour les fonctionnaires qui travaillent avec eux et les journalistes.

Pourquoi le siège du parlement européen est-il à Strasbourg ?

A l’époque de la fondation de l’Union européenne, chacun des six pays initiateurs voulait accueillir l'une des institutions. Le siège du parlement européen a été attribué à Strasbourg de manière symbolique. C’est en effet l’une des villes françaises la plus proche de la frontière avec l’Allemagne. Comme l’a rappelé le maire de la capitale alsacienne, Roland Ries, Strasbourg est un "symbole de la réconciliation franco-allemande" et "le lieu d’expression des valeurs universelles" de l’Union européenne. Mais, par la suite, la Commission s’est installée à Bruxelles et a donné plus de poids à celle qui porte désormais le nom de capitale européenne. Pro Strasbourg également, le premier ministre luxembourgeois rappelle que ce sont les Etats qui décident de la question des sièges et non le Parlement lui-même. Il revient aussi sur la symbolique de Strasbourg dans notre passé européen: "Passer l'éponge sur une histoire qui fut et qui explique en partie l'Europe me gêne beaucoup. Nous ne transigerons jamais sur cette affaire", a-t-il affirmé.

C'est donc tout logiquement que le Luxembourg s'est associé à l'action que la France veut engager en mai devant la Cour européenne de Justice.

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