Abonnez-vous a La Libre Belgique

Asma, l’atout charme d’Assad

Émilie Sueur

Mis en ligne le 17/08/2011

L’épouse du dictateur syrien a replacé son pays sur la carte culturelle du monde.

Elle apparaît en bonne place dans les diaporamas de l’hebdo féminin "Elle" des femmes politiques les mieux habillées. Le magazine américain "Vogue" lui a consacré, en février dernier, un portrait intitulé "La rose du désert". Quand elle est évoquée dans la presse, les termes "charme" et "charisme" ne sont jamais bien loin de son nom. Son signe distinctif : femme de dictateur. Asma est l’épouse d’un Bachar el-Assad à la tête d’une Syrie en plein chaos. "Je suis syrienne et peu importe l’endroit où je suis née, je me suis toujours sentie syrienne", disait Asma, en décembre dernier, dans un entretien à "Paris Match". Une affirmation comme une recherche de légitimité pour cette femme à la double culture.

Asma est née en 1975 à Londres. Ses parents se sont installés en Angleterre dans les années 50 afin que le père puisse bénéficier de la meilleure formation possible en médecine. Aujourd’hui, le père d’Asma, le cardiologue consultant Fawaz Akhras, et sa mère, Sahar Otri, diplomate retraitée, vivent toujours à Acton.

Asma a passé 25 ans de sa vie en Grande-Bretagne et y a fait des études de littérature et d’informatique, notamment au Queen’s College. Connue sous le nom d’Emma, la jeune fille était une élève classique en ce sens qu’elle aurait, de temps à autre, séché des cours.

Après ses études, Asma se lance dans la finance. Elle travaille d’abord à la Deutsche Bank en tant qu’analyste, puis rejoint la banque d’investissement JP Morgan entre Paris et New York. En 2000, Asma présente sa lettre de démission à son patron, deux mois avant de toucher son bonus et sans explication. "Il a pensé que je faisais une crise de nerfs, car personne ne démissionne deux mois avant l’heure du bonus", a expliqué Asma à "Vogue".

Mais la jeune femme avait un autre "bonus" en tête : le package "First lady". Un mois après avoir démissionné, Asma, une sunnite dont la famille est originaire de Homs, épouse Bachar el-Assad, leader syrien alaouite, qu’elle a rencontré à Londres. "Je n’avais pas prévu d’épouser un chef d’Etat. La vie est pleine de surprises. Je l’ai épousé pour les valeurs qu’il incarne et parce que nous nous sentons très proches", déclarait Asma, en décembre dernier, à "Paris Match".

En tant que Première Dame, elle commence par voyager incognito à travers le pays. Puis, elle donne trois fils à son mari : Karim, 6 ans, Zein, 7 ans, Hafez, 9 ans. Au journaliste de "Vogue", Asma aime à présenter son quotidien familial comme résolument moderne. Mélange pour fondue au fromage pour le déjeuner, chandelier fait de papiers découpés dans des bandes dessinées sur la table du salon. Et fonctionnement démocratique du foyer : "Nous votons tous sur ce que nous voulons et où nous le voulons", dit-elle encore. Hors de la maison, on vote aussi. En mode autoritaire. Bachar el-Assad s’est fait élire à deux reprises avec des scores supérieurs à 90 % des voix.

La famille d’Asma ne s’arrête pas à son mari et à ses enfants. Il y a aussi sa belle-famille. La rumeur veut que les relations entre Asma et sa belle-sœur, Bouchra, soient tendues. Cette dernière aurait notamment longtemps refusé qu’Asma soit qualifiée de "Première Dame", un titre dont Bouchra voulait qu’il reste réservé à Anisa, sa mère et veuve de Hafez.

Après son mariage, Asma ne s’en crée pas moins rapidement un rôle. Elle met en place une ONG pour le développement rural et travaille sur l’employabilité et l’esprit d’entreprise des jeunes. Ces dernières années, la "First Lady" s’employait à replacer la Syrie sur la carte culturelle du monde, notamment au travers de partenariats avec de grands musées comme Le Louvre.

Avec le début de la crise syrienne, en mars dernier, ces programmes sont fort probablement passés en mode pause.

D’aucuns ont espéré qu’Asma serait une force réformatrice en Syrie. En janvier 2010, la dame en donnait encore des signes. Lors d’une conférence pour le développement, elle exhortait, en public et à Damas, les citoyens à jouer un rôle plus actif dans la société et promettait aux ONG plus de liberté. Depuis le début de la révolte, réprimée dans le sang, Asma ne s’est pas exprimée.

Sur le même sujet:

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page