Israël accepte de négocier
Toujours pas de déblocage en vue. Le gouvernement Netanyahou a annoncé qu'il acceptait la proposition du quartet international visant à reprendre les négociations sans conditions préalables. Mais les Palestiniens ont aussitôt réitéré qu'ils maintenaient leur exigence sur le gel des colonies.
- Publié le 03-10-2011 à 04h15
- Mis à jour le 03-10-2011 à 07h57

Correspondante à Jérusalem Toujours pas de déblocage en vue. Le gouvernement Netanyahou a annoncé dimanche qu'il acceptait la proposition du quartet international (Etats-Unis, Union européenne, Russie, Onu) visant à reprendre les négociations de paix avec les Palestiniens sans conditions préalables. Et il appelle les Palestiniens à en faire autant. Mais ceux-ci ont aussitôt réitéré qu'ils maintenaient leur exigence : Israël doit d'abord geler le développement de ses colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Une exigence qui demeure irrecevable aux yeux d'Israël.
Publié le 23 septembre dernier, alors que Mahmoud Abbas venait de déposer sa demande d'adhésion d'un Etat palestinien à l'Onu, le plan du quartet prévoit qu'Israéliens et Palestiniens reprennent les négociations dans un mois, pour s'entendre d'abord, endéans six mois, sur leurs futures frontières et modalités de sécurité, et arriver à un accord global à la fin de 2012. Le quartet n'impose pas de conditions préalables. Mais il appelle les deux camps à s'abstenir d'actions "provocatrices". Sous-entendu, qu'Israël s'abstienne de poursuivre ses activités de colonisation controversées en territoire palestinien.
Les ministres israéliens ont bien quelques réserves à l'égard de ce plan. Un, le calendrier serré. Deux, les priorités : impossible de s'entendre sur les frontières et la sécurité, sans savoir ce qui en est des autres dossiers-clés, tel le droit au retour des réfugiés palestiniens. Mais ils soulèveront ces réserves durant les négociations mêmes.
Le raïs Abbas et son OLP, eux, ont déjà décliné la proposition du quartet jeudi dernier. Tout en affirmant y trouver "des éléments encourageants" - tel son calendrier précis -, ils refusent de laisser Israël poursuivre son "annexion rampante" des territoires sous le couvert d'un processus diplomatique. Ils épinglent notamment le fait qu'au nez et à la barbe du quartet, Israël a précisément annoncé la semaine dernière un nouveau plan d'expansion juive dans la Jérusalem palestinienne. A savoir, la construction de 1100 logements supplémentaires dans le quartier juif de Guilo, en territoire conquis et annexé depuis juin 1967. L'administration Obama et l'Union européenne ont sévèrement critiqué ce plan eux aussi.
Mais Benjamin Netanyahou se justifie. Depuis le début du processus de paix en 1993, insiste-t-il, l'implantation juive dans les territoires n'a jamais cessé. Or, cela n'a pas empêché les Palestiniens de poursuivre les négociations jusqu'en 2009. Et ensuite, quand M. Netanyahou lui-même a exceptionnellement suspendu la construction dans les colonies de fin 2009 jusqu'à l'été 2010, les Palestiniens ne sont pas revenus à la table des négociations. Comme M. Netanyahou, la plupart des Israéliens voient dans Guilo non une colonie, mais une partie intégrante de la Jérusalem juive. Idem pour tous les grands quartiers juifs bâtis après 1967 en zone palestinienne de la ville.
Entre-temps, les diplomates palestiniens multiplient les efforts de persuasion auprès des membres du Conseil de sécurité de l'Onu, pour y réunir une majorité favorable à leur adhésion étatique. Leurs homologues israéliens devraient prochainement entamer une campagne inverse, visant à convaincre le Conseil de sécurité que les Palestiniens ne sont pas mûrs pour l'indépendance étatique. Du fait, par exemple, que depuis quelques années, l'Autorité palestinienne ne parvient à organiser aucune élection - ni locale, ni présidentielle, ni législative. Mais selon la Banque mondiale, le FMI et les agences onusiennes sur le terrain, l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas est bel et bien prête à gérer son propre Etat.
