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La Ceni suspend la compilation des résultats après des irrégularités
BELGA
Mis en ligne le 17/12/2011
La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) congolaise a décidé de cesser momentanément la collecte des résultats des élections législatives du 28 novembre en République démocratique du Congo (RDC) dans les 169 centres locaux de compilation (CLCR) du pays et fait appel aux Nations Unies, a rapporté samedi la radio onusienne Okapi, citant le numéro deux de cette institution. Le vice-président de la Céni, Jacques Djoli, a justifié vendredi cette décision par une volonté d'"essayer de recadrer les agents afin de traduire l'expression de la sociologie électorale telle qu'exprimée", alors que de nombreuses irrégularités ont été constatées dans la compilation des résultats des législatives, tenues simultanément à la présidentielle qui a donné le président sortant Joseph Kabila vainqueur.
"Nous avons déjà beaucoup de mal par rapport à ce qui s'est passé [des irrégularités constatées lors de la présidentielle] et nous voulons cette fois-ci sauvegarder tant soit peu ce processus", a ajouté M. Djoli, un ancien sénateur d'opposition, à Radio Okapi, parrainée par l'ONU. Il a aussi annoncé que la Ceni a signé un accord technique avec la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) pour limiter les probab les manipulations qui peuvent avoir lieu dans les CLCR.
Selon M. Djoli, la Monusco devra être présent dans tous les CLCR, en commençant par ceux de Kinshasa. Depuis la compilation des résultats, des agents de la Ceni sont accusés de falsifier les procès verbaux (PV) de vote. Ces plaintes émanent des candidats tant de l'opposition que de la Majorité présidentielle (MP). Cinq agents de la Ceni ont ainsi été arrêtés mardi à Nyirangongo au Nord-Kivu (est). Alors qu'à Bokungu (Equateur, nord-ouest), les candidats députés de la MP ont accusés les agents de la Ceni de falsifier les résultats au profit de l'opposition.
M. Djoli a non seulement déploré les tentatives de soudoyer les agents de la Ceni, mais aussi la pression exercée sur eux par les autorités publiques à tous les niveaux.
Reynders n'ira pas mardi à Kinshasa pour l'investiture du président Kabila
Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a renoncé à se rendre, comme cela avait été à un moment envisagé, à Kinshasa mardi pour la prestation de serment du président congolais Joseph Kabila, dont la réélection a été annoncée, vendredi soir, à l'issue d'un scrutin émaillé d'irrégularités, a annoncé samedi son département. M. Reynders a, dans un communiqué, regretté que la Cour suprême de Justice (CSJ) - qui a proclamé vendredi soir le président sortant Joseph Kabila vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre - "n'ait pas usé de ses prérogatives pour un examen plus approfondi, critique et indépendant des résultats" annoncés le 9 décembre par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).
Celle-ci avait accordé la victoire à M. Kabila avec 48,95% des suffrages, devant l'éternel opposant Etienne Tshisekedi (32,33%). "La Belgique sera représentée à la cérémonie d'investiture par M. Dominique Struye de Swielande, ambassadeur en République démocratique du Congo", a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. M. Reynders avait, un moment, envisagé de se rendre, mardi, à Kinshasa pour la prestation de M. Kabila pour son premier déplacement à l'étranger en tant que chef de la diplomatie belge, une fonction qu'il occupe depuis une semaine dans le gouvernement Di Rupo 1er.
Savoir Plus
La Banque centrale congolaise devant la justice bruxelloise
La Banque Centrale du Congo devra comparaître le 18 janvier devant le tribunal correctionnel de Bruxelles dans une affaire de détournement et blanchiment, a indiqué le parquet de Bruxelles, Jean-Marc Meilleur, rapporte samedi De Tijd. La chambre des mises en accusation de Bruxelles a renvoyé récemment la banque centrale définitivement devant le tribunal correctionnel. Jean-Charles Okoto, un ex-ministre congolais et ancien ami du président congolais Joseph Kabila, se trouve sur le banc des accusés, tout comme la banque belge Belgolaise, précise le journal.
L'affaire concerne principalement le détournement et le blanchiment de 80 millions de dollars. La justice bruxelloise a été avertie en janvier 2003 des transactions d'argent suspectes après une information de la cellule anti-blanchiment.
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