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Edito: guerre froide
Mis en ligne le 24/01/2012
Les sanctions décidées lundi contre l’Iran sont-elles un moyen diplomatique d’éviter la guerre, comme le laisse entendre Didier Reynders, ou un nouveau palier qui, après un constat d’échec souvent prévisible, conduit soit à un affrontement armé, soit à une retraite bien peu honorable ?
Les Européens sont devenus des spécialistes des sanctions. Certaines ont abouti (certainement en Afrique du Sud, sans doute en Birmanie). Mais dans la plupart des cas, celles-ci échouent. Les régimes isolés se cabrent et cherchent d’autres appuis ailleurs. La Serbie de Milosevic, la Syrie d’al-Assad et l’Iran d’Ahmadinejad l’ont fait avec des fortunes diverses (Ahmadinejad est allé six fois en Amérique latine depuis son élection en 2005). L’Europe ne peut pas à elle seule faire la leçon à tous les régimes qui lui déplaisent. Et c’est pourquoi elle cherche constamment des relais. Pas toujours avec succès. La Russie bloque. La Chine hésite. Au Moyen-Orient, les sanctions contre l’Iran et la Syrie se greffent sur une situation explosive qui mérite encore plus de prudence. A force de vouloir faire plier les régimes à Damas et à Téhéran, les Européens prennent aussi le risque d’affaiblir deux pions majeurs de l’axe chiite et d’ouvrir un boulevard aux pays sunnites de la région que sont l’Arabie saoudite, le Qatar activiste et l’Egypte des Frères musulmans. Le monde arabe a son alchimie et ses ressources. Et dans ce dossier-là, il vaut mieux être Talleyrand que Napoléon.
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