La Libre.be > Actu > International > Article
Pour Hollande, la relance de l'économie se fera par les PME
AFP
Mis en ligne le 26/01/2012
"Je ferai des PME une priorité", déclare le candidat PS à la présidentielle, dès le 2e point d'un programme de 60 engagements. Pour le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME) Jean-François Roubaud, cette phrase est déjà, à elle seule, "une très bonne nouvelle".
"Enfin la PME est reconnue comme un vecteur de croissance et d'emploi. Et il semble que ce soit au programme de tous les grands candidats", s'est également réjoui Jean-François Marraud, président de la société Omnitech et membre du Comité Richelieu, l'association française des PME innovantes.
Les artisans sont aussi courtisés. "Le programme du candidat socialiste s'appuie sur les catégories d'entreprises qui contribuent le plus à la création de richesses et d'emploi aujourd'hui, telles que l'artisanat et le commerce, pour relancer la croissance", souligne l'Union Professionnelle Artisanale (UPA), qui refuse de "prendre parti sur le fond".
Une prise de parti pour les entrepreneurs d'autant plus difficile que pour l'instant, les contours des mesures restent flous, François Hollande ayant surtout développé de grands axes.
Parmi ses promesses en faveur des PME, figurent la création d'une banque publique d'investissement, la mise en place d'un livret d'épargne industrie, un taux d'impôts sur les sociétés plus bas pour les petites sociétés et une simplification de l'accès au crédit impôt recherche.
"L'ensemble des mesures me paraît de bon sens, mais cela manque de précision", a considéré Jean-François Roubaud. Le président de la CGPME veut "maintenant rentrer dans le détail" et que ce soit finalisé avant l'élection.
En l'état, la banque publique d'investissement, par exemple, ne se distingue pas nettement de l'existante banque Oséo et du FSI régions qui se met en place.
Des similitudes que n'a pas manqué de souligner très vite le gouvernement. Pour le secrétaire d'Etat au Commerce et aux PME, Frédéric Lefebvre, le projet du candidat PS sur les PME "ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes".
Pour dynamiser et ancrer en France l'activité des PME, François Hollande compte sur les régions, qui auront chacune "un interlocuteur unique" pour les PME, TPE, artisans et commerçants et pourront aussi prendre des parts dans des entreprises jugées stratégiques.
"Le côté proximité territoriale me paraît important car les élus au niveau de la région connaissent bien leurs entreprises et savent comment les dynamiser", a estimé M. Roubaud.
Un avis partagé par le Comité Richelieu, mais qui estime que c'est indispensable de mettre cela en concordance avec des actions nationales.
Jean-François Marraud note aussi des absences: la recherche et l'innovation peu mises en avant et les questions du coût et du temps de travail pas clairement abordées.
Par ailleurs, si le candidat PS veut "veiller à ce que la commande publique soit bien ouverte" aux PME, pour le Comité Richelieu --qui milite pour qu'un quart des commandes publiques soit réservé aux PME--, cela ne va pas assez loin.
Ravies d'être au coeur des attentions pour la première fois dans une campagne présidentielle, les PME refusent cependant d'être vues comme les gentilles entreprises, en opposition aux méchants grands groupes qui délocalisent.
"C'est parfait que les PME soient mises en avant mais il ne faut pas non plus que ce soit au détriment des grandes entreprises" dont "on a besoin", a prévenu M. Marraud.
Sur le même sujet:
- Grand blues ou grand bluff, Sarkozy ?
- Hollande: "Quand la mayonnaise prend, il faut éviter qu'elle retombe"
- FrenchFries 2012, pour tout savoir sur les présidentielles
La police prend d’assaut une...
Coran brûlé : les Afghans...
Kim 'Dotcom' libéré sous...
'Dehors l'Amérique, dehors !'...