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Vers "un nouveau chapitre sur la Syrie"
AFP
Mis en ligne le 27/01/2012
Européens et pays arabes ont présenté vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie fondé sur le plan de règlement de la Ligue arabe mais la Russie a immédiatement tracé des "lignes rouges" à ne pas dépasser.
"J'ai dit clairement que la Russie ne considérait pas ce projet de texte comme une base d'accord", a déclaré aux journalistes l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine à la fin de la réunion du Conseil. "Cela ne veut pas dire que nous refusons de discuter".
"Nous avons indiqué quelles étaient nos lignes rouges", a-t-il expliqué en citant l'opposition de Moscou à "toute indication de sanctions (..) et à l'imposition d'un quelconque embargo sur les armes" à destination de la Syrie. Il a aussi affirmé qu'il n'était pas question pour la Russie de "préjuger du résultat d'un dialogue politique en Syrie" en demandant le départ du président Assad.
Or le plan arabe, repris dans le projet de résolution, prévoit un transfert du pouvoir de Bachar Al-Assad à son vice-président et la Ligue a pris en novembre dernier des sanctions économiques sans précédent contre Damas.
"Il y a trois ou quatre objections principales", a confirmé l'ambassadeur français Gérard Araud. Il a fait valoir qu'il n'y avait "pas d'embargo sur les armes dans le texte" et que sur la question des sanctions et celle du "changement de régime", la résolution ne faisait que reprendre les termes de la Ligue arabe.
Des experts vont se réunir lundi pour préciser les points d'achoppement avent des négociations de fond mercredi. Entre-temps, des responsables de la Ligue arabe dont son secrétaire général Nabil al-Arabi doivent exposer mardi au Conseil les détails du plan arabe.
M. Araud a dit "espérer un accord sur une résolution à la fin de la semaine prochaine", rappelant "la paralysie du Conseil de sécurité" sur ce dossier. Pour l'ambassadeur allemand Peter Wittig, le Conseil "est au début d'un processus de négociations très difficile". En particulier, a-t-il souligné, la question du départ du pouvoir de Bachar Al-Assad "est un point qui va beaucoup nous occuper pendant les prochains jours".
"Nous voulons, comme le souhaitent les Arabes, une résolution adoptée unanimement", a souligné l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant. Il a rejeté les objections russes, affirmant: "il n'y a rien de tout cela dans le texte".
Le projet de résolution, préparé par Paris, Londres et Berlin avec plusieurs pays arabes, a été officiellement mis sur la table par le Maroc. La Russie et la Chine avaient mis leur veto en octobre dernier à un précédent texte condamnant la répression sanglante en Syrie, qui a fait plus de 5.000 morts depuis mars 2011 selon l'ONU.
Le nouveau projet reprend les grandes lignes du plan annoncé le week-end dernier par la Ligue arabe et exprime "le soutien total" du Conseil à ces décisions. Le texte "exige que le gouvernement syrien mette immédiatement un terme à toutes les attaques et violations des droits de l'homme" contre sa population civile.
"Toutes les parties en Syrie, dont les groupes armés, doivent cesser immédiatement toute violence", ajoute la résolution. Elle fait aussi référence aux sanctions économiques inédites imposées par la Ligue à la Syrie en novembre dernier et "encourage tous les pays à adopter des mesures similaires".
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