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Floride: élire un candidat qui gagne

Philippe Paquet

Mis en ligne le 31/01/2012

Les auspices semblent favorables à Mitt Romney dans ce quatrième scrutin. Newt Gingrich promet d’ores et déjà de poursuivre le combat jusqu’au bout.
Éclairage

Les quatre prétendants à l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle de novembre se retrouvent ce mardi en Floride pour des primaires susceptibles de réduire désormais la course à un duel entre deux hommes : l’ex-gouverneur mormon du Massachusetts Mitt Romney et l’ancien "speaker" de la Chambre des Représentants Newt Gingrich.

Les derniers sondages créditaient Romney de 42 % des intentions de vote, avec une avance de dix à quinze points sur Gingrich. Les deux autres candidats - l’ex-sénateur de Pennsylvanie Rick Santorum et le député du Texas Ron Paul - étaient assez nettement distancés avec des scores situés entre 10 et 20 % des suffrages. Santorum a par ailleurs dû interrompre sa campagne pour se rendre au chevet de sa fille de 3 ans, hospitalisée dimanche à Philadelphie.

Les sondages ne sont, toutefois, pas absolument fiables dans la mesure où, il y a une semaine à peine, ils donnaient Romney et Gingrich au coude à coude. En outre, le second a reçu dimanche un soutien susceptible de peser dans la balance : celui du roi de la pizza Herman Cain, qui avait dû renoncer à sa propre candidature après que d’anciennes employées de sa société l’eurent accusé de harcèlement sexuel et qu’une affaire de relation extraconjugale eut fait surface dans la foulée. Ce conservateur avait pourtant fait un temps figure de favori et il est permis de croire que son capital électoral n’a pas été entièrement perdu dans l’aventure.

Enfin, depuis leur lancement dans l’Iowa, le 3 janvier, ces primaires républicaines n’ont pas été avares en surprises. Après le rocambolesque méli-mélo qui a entouré la communication des résultats dans cet Etat du Midwest (Romney y a finalement été dépouillé de sa victoire à l’arraché au profit de Santorum), et après le triomphe largement prévisible de l’ex-gouverneur du Massachusetts dans le New Hampshire voisin, le 10 janvier, la consultation en Caroline du Sud, le 21 janvier, a consacré contre toute attente le retour en force de la candidature de Newt Gingrich, que l’on croyait pourtant bel et bien enterrée.

L’électorat en Floride est moins conservateur que dans d’autres Etats du Sud et comprend une proportion non négligeable de retraités venus notamment de la Nouvelle-Angleterre, ce qui fait autant d’électeurs a priori plus proches de Romney que de Gingrich. Ce dernier ne se fait donc certainement pas d’illusions excessives et espère au mieux un dénouement serré. Mais il a d’ores et déjà annoncé que, quelle que soit l’issue, il se battrait jusqu’à la Convention du Parti, prévue à Tampa, dans ce même Etat de Floride, en août.

Gingrich sait que, au-delà de la dimension symbolique que revêt nécessairement une victoire en Floride (un des quelques Etats qui font traditionnellement la différence dans tout scrutin présidentiel), elle n’aura pas, en revanche, un impact important en termes d’arithmétique électorale. Le "Sunshine State" a en effet été sanctionné pour avoir avancé la date de ses primaires contre l’avis du Parti républicain et n’enverra que la moitié des délégués auxquels il a droit à la Convention.

Newt Gingrich, qui a fait sa carrière politique comme élu de la Géorgie, Etat limitrophe de la Floride, peut enfin espérer que la campagne très agressive menée par Romney se retourne contre lui. Déjà critiqué pour une colossale fortune personnelle à propos de laquelle il se montre peu transparent, l’ancien gouverneur est aussi épinglé pour ses spots télévisés dans lesquels il dénigre ses concurrents sans se soucier trop de l’exactitude de ses accusations.

Il y a, cependant, d’autres chiffres qui retiennent à coup sûr l’attention des électeurs républicains : les sondages sur l’élection présidentielle elle-même. Or, tout en donnant Newt Gingrich battu à plate couture par Barack Obama, ceux-ci indiquent que Mitt Romney pourrait, lui, l’emporter face au président sortant. Et les Républicains ont sans aucun doute envie de se choisir un candidat qui gagne

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