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Les eurodéputés appellent l'UE à mieux sanctionner les dictateurs
AFP
Mis en ligne le 02/02/2012
Les eurodéputés ont appelé jeudi l'Union européenne à mieux sanctionner les dirigeants de régimes autoritaires pendant qu'ils sont en exercice, en gelant leurs avoirs financiers et immobiliers et en empêchant leurs enfants de venir étudier en Europe notamment.
Les eurodéputés demandent notamment à l'UE de "priver les dirigeants autoritaires et leurs principaux collaborateurs du droit de posséder des propriétés ou des capitaux" sur son territoire, et les empêche "d'envoyer des membres de leur famille dans les pays de l'UE pour y faire des études". Il exigent aussi que ces dirigeants soient interdits de visa et ne puissent pas "exploiter des intérêts commerciaux" dans l'UE.
Selon l'auteur de la résolution, le Britannique libéral Graham Watson, l'UE doit dire aux dictateurs qu'elle ne les "aidera pas à blanchir leur fortune mal acquise".
Citant l'exemple de Mouammar Kadhafi ou du Tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, dont l'UE n'a fini par geler les avoirs qu'une fois qu'ils étaient renversés ou sur le point de l'être, M. Watson estime qu'il aurait fallu agir bien avant. "Il faut en finir avec l'attitude hypocrite de l'UE envers les dirigeants de régimes autoritaires", estime M. Watson. "Nous dénonçons publiquement leurs bilans en matière de droits de l'Homme, tout en les laissant placer leur argent dans nos banques, disposer de propriétés sur nos territoires, faire des affaires avec nos entreprises et passer des vacances dans nos stations touristiques".
Le président soudanais, Omar el-Béchir, est ainsi soupçonné de conserver d'importants avoirs dans des banques britanniques, selon les députés. Sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour des crimes contre l'humanité commis au Darfour, il ne fait toutefois pas l'objet de sanctions européennes.
La résolution, non contraignante, n'est cependant pas très précise sur les critères de désignation des "dirigeants autoritaires".
Certains, à l'instar du dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko ou du président zimbabwéen Robert Mugabe, font l'objet de telles sanctions. Mais les députés ne précisent pas quels noms supplémentaires ils souhaiteraient placer sur la liste, alors qu'ils critiquent régulièrement la situation des droits de l'Homme dans des pays comme la Russie ou la Chine, dont les dirigeants sont régulièrement reçus en grande pompe dans l'UE.
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