La Libre.be > Actu > International > Article
Nouveau pardon et surtout des mesures concrètes
Christian Laporte
Mis en ligne le 06/02/2012
Il faudrait être d’une mauvaise foi crasse pour encore oser affirmer que l’Eglise catholique ne met pas tout en œuvre pour éradiquer la très pénible question de la pédophilie d’une minorité de ses prêtres et religieux. C’est tellement vrai que, chargé d’enquêter sur la question comme promoteur de Justice à la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Charles Scicluna a pu préciser que le nombre de cas constatés est en baisse. Il est vrai que dans les Eglises locales comme à Rome, la hiérarchie profite de la moindre occasion pour souligner qu’elle prend le problème à bras-le-corps et l’étudie structurellement.
A partir de ce lundi 6 février et jusqu’au jeudi 9 inclus, plus de 110 représentants des conférences épiscopales du monde entier et 35 supérieurs d’ordres religieux participent à Rome à un symposium sur les abus sexuels dans l’Eglise. Cela se passera à la Grégorienne, l’université romaine pilotée par les Jésuites. Ce sera l’occasion pour les différents évêques référendaires - dont Mgr Guy Harpigny et Mgr Johan Bonny pour la Belgique - de débattre des lignes fondamentales adoptées par l’Eglise à son sommet afin de lutter contre les crimes pédophiles.
Mais en même temps, ce sera un temps d’échange important sur ce qui a déjà été entrepris et la Belgique a ici plusieurs longueurs d’avance avec la mise en place d’un tribunal arbitral et le coup d’envoi d’une politique globale de mesures à tous les étages de l’institution. La confrontation-comparaison risque d’être intéressante lorsqu’on passera au peigne fin la ligne des différentes conférences épiscopales.
Mais à côté du colloque et pour bien montrer la bonne volonté ecclésiale, sept responsables de l’Eglise provenant d’institutions dont sont issues des personnes coupables ou ayant commis des sévices "demanderont pardon" pour ces actes inqualifiables commis par des personnes investies de responsabilités morales au cours d’une veillée pénitentielle. Et au nom des milliers de victimes, Mrs Marie Collins, une ancienne victime irlandaise, demandera à Dieu qu’il accorde "la force aux victimes de pouvoir pardonner". Le texte de pénitence qui sera lu au début de cette cérémonie est annoncé comme "profond, clair et explicite".
Ce symposium ne sera donc pas une réunion pour se donner bonne conscience. Préparé intensément depuis 2010, son titre est tout un programme : "vers la guérison et le renouvellement". Si une des préoccupations majeures est de viser à assurer la "protection des enfants", il n’oubliera pas "les adultes vulnérables". Un message du Pape sera lu au début de la rencontre. Et s’il fallait vraiment encore s’en convaincre, le P. Federico Lombardi, le porte-parole du Saint-Siège, a souligné que la présence d’évêques d’une centaine de pays "démontre que c’est une initiative à laquelle le gouvernement de l’Eglise donne son appui et sans lequel ils ne seraient sûrement pas venus". Ce que confirme, l’organisateur, le P. Zollner : "ce sera un signe clair et décisif qu’il y a beaucoup de forces qui veulent travailler ensemble dans l’Eglise pour traiter ce problème à l’avenir".
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...