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Indignation après le double veto
Mis en ligne le 06/02/2012
L’Union européenne "va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien" , a déclaré dimanche le chef de la diplomatie française Alain Juppé, au lendemain d’un double veto russe et chinois au Conseil de sécurité de l’Onu contre un projet de résolution condamnant la répression en Syrie. "Nous allons aider l’opposition syrienne à se structurer, à s’organiser, l’Europe va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien et puis nous allons essayer de faire monter cette pression internationale et il y a bien un moment où le régime sera obligé de constater qu’il est totalement isolé et qu’il ne peut pas continuer" , a déclaré M. Juppé, interrogé sur la chaîne BFM TV.
Les Etats-Unis ont annoncé également leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas afin d’assécher les sources de financement et les livraisons d’armes du régime du président Bachar al Assad.
A propos de la création future d’un Groupe des amis du peuple syrien, évoqué la veille par le président français, Alain Juppé a précisé que Nicolas Sarkozy allait "prendre des initiatives dans les prochains jours pour essayer de réunir tous ceux qui considèrent que la situation actuelle est absolument intolérable" en Syrie. Ce Groupe aura pour objectif d’apporter tout l’appui de la communauté internationale à la mise en œuvre du plan de sortie de crise de la Ligue Arabe, avait indiqué samedi M. Sarkozy.
Dans ce groupe, a encore dit le ministre des Affaires étrangères, pourraient figurer les 13 pays membres du Conseil de sécurité sur 15, qui ont voté en faveur du projet de résolution finalement bloqué par le double veto, ainsi que tous les pays de la Ligue Arabe et "tous ceux qui voudront se joindre à nous pour faire pression sur la Syrie" , a encore dit Alain Juppé.
Alain Juppé a également dit que la France "allait réfléchir" à l’appel de la Tunisie à tous les pays à expulser les ambassadeurs de Syrie pour protester contre la répression sanglante qui a fait quelque 6 000 morts en onze mois de répression.
"C’est possible bien entendu, mais il faut bien mesurer les conséquences parce que notre ambassade à Damas aujourd’hui joue aussi un rôle humanitaire dans les contacts avec la population. Il faut bien mesurer qui une telle décision pénalise le plus" , a-t-il estimé, laissant entendre qu’une expulsion de l’ambassadeur syrien entraînerait inévitablement la même mesure contre le diplomate français à Damas.
Pour sa part, l’Iran a estimé dimanche qu’en opposant leur veto, "la Chine et la Russie ont fait quelque chose de juste et conforme à un bon comportement international" . Pour le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, "le Conseil de sécurité est devenu un outil de l’Occident pour ses actions d’intimidation et ses charges en solitaire contre d’autres nations, et cette fois-ci la Russie et la Chine s’y sont opposées" . (AFP)
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