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Syrie: les USA mettent en garde Moscou et Pékin

Belga

Mis en ligne le 06/02/2012

"L'ambassadeur Robert Ford ainsi que tous les fonctionnaires de l'ambassade et leurs familles sont partis".
Les Etats-Unis ont fermé lundi leur ambassade à Damas et mis en garde les soutiens du régime de Bachar al-Assad contre un "pari perdu d'avance", deux jours après le double veto sino-russe à une condamnation à l'ONU de la répression en Syrie.

L'ambassade des Etats-Unis à Damas "a suspendu toutes ses activités à compter du 6 février 2012 compte tenu de la poursuite de la violence et de la détérioration des conditions de sécurité", a indiqué le département d'Etat. "L'ambassadeur Robert Ford ainsi que tous les fonctionnaires de l'ambassade et leurs familles sont partis", a indiqué la diplomatie américaine, appelant tous les Américains encore présents en Syrie à quitter le pays.

"La récente flambée de violence, notamment des bombardements à Damas le 23 décembre et le 6 janvier, ont accru l'inquiétude à l'endroit de notre ambassade qui n'est pas suffisamment protégée contre une attaque armée", a expliqué le département d'Etat.

C'est désormais la Pologne qui représentera les intérêts de Washington à Damas, a précisé le ministère polonais des Affaires étrangères à Varsovie. L'annonce de cette mesure intervient deux jours après que la Russie et la Chine eurent opposé leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution condamnant la répression en Syrie, où les violences meurtrières ont redoublé ces derniers jours. Rien que lundi, des militants ont dénombré 69 morts, notamment dans un assaut contre la ville de Homs.

Le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney, a affirmé, sans toutefois citer Pékin ou Moscou, que les Etats-Unis voulaient "faire comprendre à tout le monde qu'ils ne devraient pas essayer de parier sur le régime Assad, car c'est un pari perdu d'avance". Il a qualifié le pouvoir en place à Damas de "régime criminel".

"Tout miser sur Assad, c'est se vouer à l'échec", a insisté M. Carney lors de son point de presse quotidien. Il a assuré que M. Assad possédait un contrôle "au mieux, très limité" sur son pays en proie à une révolte réprimée dans le sang depuis mars 2011, et que ses ressources financières se tarissaient.

Plus tôt lundi, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, avait estimé que "la Russie et la Chine finiront (...) par regretter leur décision qui les a vues s'aligner sur un dictateur en fin de vie, dont les jours sont comptés, et qui les a mises en porte-à-faux avec le peuple syrien et l'ensemble de la région".

De son côté, le Pentagone a affirmé lundi avoir observé un nombre "notable" de défections au profit de l'opposition dans les rangs de la haute hiérarchie militaire syrienne.

Alors que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est attendu à Damas mardi, la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland a espéré lundi qu'il ferait "bien comprendre au régime" de Bachar al-Assad combien il est "isolé".

Et signe possible que Washington n'a pas renoncé à rallier la Russie à des sanctions contre Damas, Washington a annoncé lundi avoir dépêché à Moscou un haut responsable gouvernemental chargé des régimes de sanctions. La Syrie doit figurer au menu de ses discussions, selon le Trésor.

Dans un entretien à la chaîne NBC diffusé lundi, M. Obama a cependant plaidé contre une intervention militaire en Syrie, à la différence de ce que les Occidentaux ont fait l'an dernier en Libye après une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

M. Obama a estimé qu'une solution négociée restait possible et défendu l'attitude de son administration depuis le début de la crise en mars dernier, expliquant que Washington réclamait "sans relâche" le départ du régime Assad. "Il est important de résoudre (la crise) sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible", a-t-il assuré.

"Il me semble que de plus en plus de gens en Syrie reconnaissent qu'il est temps de tourner la page et que le régime Assad sent l'étau se resserrer. La question n'est pas de si mais quand" le régime tombera, a expliqué M. Obama.

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