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Édito : Le prix d’un veto

Mis en ligne le 07/02/2012

Christophe Lamfalussy

Dire non, c’est aussi prendre position. Et dans le cas de la Syrie, où l’armée donne l’assaut aux quartiers insurrectionnels, sans pitié pour les civils, la Russie et la Chine, après leur veto à l’Onu, doivent assumer.

Moscou a - pour le moment - une carte à jouer et on devine que c’est ce que tentera de faire ce mardi à Damas le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Un signe qui ne trompe pas : il sera accompagné par le chef des services de renseignements extérieurs, Mikhaïl Fradkov. Ils seront porteurs d’un message de Vladimir Poutine au président Bachar al-Assad.

Le peuple syrien est l’otage d’un régime paralysé par la peur et d’une bataille d’influence digne de la Guerre froide. Il fait aussi les frais des erreurs commises par les Occidentaux en Irak, en Afghanistan et en Libye où les changements de régime au son du canon n’ont jusqu’ici pas accouché de régimes stables et démocratiques. Sur ce point, les Chinois et les Russes ont un argument qui mérite la réflexion.

Le pari en Syrie est d’assurer une transition politique, avec le départ très symbolique de Bachar al-Assad, sans intervention militaire extérieure.

Si ce pari réussit, ce sera un grand pas vers l’humanité. S’il échoue, ceux qui auront prôné une solution politique, seront couverts d’opprobre. Et on reviendra à la constatation qui avait été faite à Sarajevo dans les années 90 que seule une intervention militaire musclée pouvait tirer un pays d’une guerre civile. Messieurs les Russes, le temps presse.

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