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La Russie prend la main en Syrie

V.B.

Mis en ligne le 08/02/2012

Le chef de la diplomatie russe a rencontré M. Assad, et appuyé le plan arabe.

A la veille du vote de l’Onu, organisé samedi dernier, la Russie avait soutenu qu’elle n’entendait pas s’ingérer dans les affaires internes de la Syrie. Sans doute l’indignation internationale qu’a déclenchée le double véto russe et chinois lors du vote au Conseil de sécurité, qualifié mardi de "fiasco" par la Turquie, aura-t-elle contribué à corriger le tir quant à sa vision du dossier syrien. A moins que le veto russe ait produit précisément l’effet recherché : laisser à Moscou toute la latitude pour mener ses propres efforts diplomatiques, après avoir sabordé ceux de l’Onu.

Cette seconde option a gagné en crédibilité avec la visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, mardi à Damas, au cours de laquelle il a rencontré le président Bachar al-Assad. Une rencontre que le chef de la diplomatie russe a jugée "très utile".

"Le président syrien nous a notamment assuré qu’il s’était entièrement engagé à faire cesser les violences d’où qu’elles viennent", a déclaré M. Lavrov, cité par les agences russes, à l’issue des entretiens. "Il est clair que les efforts pour faire cesser les violences doivent être accompagnés d’un dialogue entre toutes les forces politiques", a poursuivi M. Lavrov.

"Depuis le début, la Syrie a accueilli favorablement tout effort qui soutient une solution syrienne à la crise", a précisé l’agence de presse Sana citant le président Assad lors de sa rencontre avec Sergueï Lavrov.

"Aujourd’hui, le président syrien a confirmé sa bonne volonté de contribuer à ce processus", a affirmé M. Lavrov. La Russie s’est pour sa part dite prête à continuer à chercher une solution au conflit syrien en se basant sur l’initiative de la Ligue arabe qui prévoit notamment le transfert des pouvoirs du président Assad à son vice-président.

"Nous avons confirmé notre bonne volonté de contribuer à une sortie de crise sur la base de l’initiative proposée par la Ligue arabe", a déclaré M. Lavrov.

Le président Assad a aussi assuré le chef de la diplomatie russe que la Syrie voulait que la mission de la Ligue arabe continue de travailler dans le pays et qu’elle soit élargie. La Ligue arabe a suspendu la semaine dernière sa mission d’observation en Syrie après avoir constaté son impuissance à faire stopper les violences, qui ont déjà fait selon les militants des droits de l’homme plus de 6 000 morts depuis le début de la révolte, il y a dix mois, contre le régime de Bachar al Assad. Une réunion au niveau ministériel est prévue le 11 février pour examiner les suites éventuelles de cette mission d’observation, qui était destinée à surveiller l’application d’un plan de sortie de crise prévoyant en premier lieu la fin des violences.

Le président syrien a aussi annoncé qu’il allait organiser un référendum sur la nouvelle Constitution, qu’il avait mise en chantier il y a plusieurs mois. "Le président Assad a dit que dans les jours à venir il allait rencontrer la commission qui a rédigé le projet de nouvelle Constitution. Le travail est terminé, et désormais le calendrier pour le référendum sur ce document très important pour la Syrie doit être annoncé", a déclaré M. Lavrov. La date du scrutin devrait être annoncée prochainement avant la tenue d’élections pluralistes dans lesquelles le parti Baas d’Assad ne disposerait d’aucun avantage, a assuré M. Lavrov sur la chaîne Rossïa-24.

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