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Sixième jour de bombardements sanglants sur Homs
AFP
Mis en ligne le 09/02/2012
Les troupes pilonnaient avec acharnement jeudi Homs tuant au moins 24 civils, au 6e jour d'un assaut destiné à faire plier cette ville rebelle, l'ONU prédisant "une aggravation" du conflit en Syrie en l'absence d'un consensus international.
"Les roquettes pleuvent sans arrêt sur Baba Amr", un quartier de Homs (centre), a indiqué un militant sur place Omar Chaker, alors que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) faisait état de 24 morts en soulignant que le bilan risquait de s'alourdir. Outre Homs, les troupes mènent des opérations contre d'autres foyers de la contestation, comme à Deir Ezzor (est), Zabadani et Madaya à 40 km au nord de Damas, Idleb (nord-ouest), et des villes de la province de Deraa (sud), selon les militants.
Malgré la répression sanglante, les militants pro-démocratie ont appelé les Syriens à manifester en masse vendredi, cette fois-ci pour dénoncer l'appui de la Russie au régime du président Bachar al-Assad et son veto à une résolution condamnant la répression à l'ONU, qui a accentué les divisions internationales. "La Russie tue nos enfants. Ses avions, ses chars et son veto aussi tuent nos enfants", ont-ils écrit sur la page Facebook "Syrian Revolution 2011".
Entretemps, la machine de guerre du régime reste en marche avec le lancement le 4 février, le jour du veto à l'ONU, d'un assaut sur Homs pour tenter d'écraser la contestation, selon les militants. "Vingt-trois civils ont péri ce matin dans les bombardements du quartier de Baba Amr. Un autre civil a été tué à Khaldiyé", selon l'OSDH.
Un médecin, Ali al-Hazouri à Baba Amr, joint par l'AFP via Skype, le réseau de téléphonie sur internet, a fait état de "54 blessés jusqu'à présent". "Des gens sont sous les décombres". Selon le militant Omar Chaker dans le même quartier, également joint sur Skype, "des corps carbonisés se trouvent dans des maisons visées par les bombardements. Les habitants se réfugient dans les étages inférieurs en l'absence d'abris".
Les comités locaux annoncent pour leur part 105 morts à travers le pays. L'un d'eux, confirme The Guardian, est un journaliste syrien. "Omar le Syrien" travaillait pour les médias occidentaux (The Guardian, CNN et Die Welt) ainsi que pour Al-Jazeera.
Depuis le 4 février et jusqu'à mercredi soir, plus de 400 civils ont été tués à Homs, selon le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahmane. Amnesty international a confirmé environ 250 morts en majorité des civils "sans armes", disant craindre "une crise humanitaire majeure" à Homs où les télécommunications et l'électricité sont coupées, les infrastructures détruites, les médicaments et la nourriture se font rares selon les militants.
Le pouvoir, qui se refuse à reconnaître le mouvement de contestation lancé le 15 mars 2011, a confirmé une opération à Homs mais affirmé que ses forces y pourchassaient les "groupes terroristes" qu'il accuse d'être à l'origine des violences contre les civils. "La brutalité effarante dont nous sommes témoins à Homs, avec des armes lourdes tirant sur des quartiers résidentiels, laisse à penser malheureusement que la situation va s'aggraver", a dit mercredi le chef de l'ONU Ban Ki-moon pour qui M. Assad "doit être tenu pour responsable".
Il a annoncé que le Conseil de sécurité examinerait bientôt une demande de la Ligue arabe suggérant une "mission conjointe en Syrie, avec un émissaire spécial commun", après la décision selon lui de l'organisation arabe de renvoyer ses observateurs dans ce pays. M. Ban a aussi estimé que le veto russo-chinois à un texte présenté à l'ONU par les Arabes et les Occidentaux, prévoyant aussi une transition démocratique, allait encourager la répression qui a fait des milliers de morts.
Malgré l'indignation provoquée par son veto, la Russie, un allié du régime Assad, continue à opter pour la non ingérence en Syrie, après avoir envoyé son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov rencontrer mardi à Damas M. Assad qui a pourtant promis à son interlocuteur de "faire cesser" l'effusion de sang. "Notre tâche, c'est de les aider (les Syriens) sans aucune forme d'ingérence", a expliqué le Premier ministre Vladimir Poutine, dont le pays refuse d'évoquer un départ de M. Assad en estimant que son sort devait être réglé par "les Syriens eux-mêmes".
Face au blocage à l'ONU, plusieurs pays ont pris des mesures unilatérales pour accentuer l'isolement du régime Assad visé déjà par des sanctions: Washington a fermé son ambassade, des pays européens ont rappelé leurs ambassadeurs et les monarchies du Golfe ont décidé d'expulser les ambassadeurs syriens.
La Turquie veut, elle, organiser une conférence internationale et les Etats-Unis ont annoncé une prochaine réunion d'un groupe de pays "amis du peuple syrien". L'Allemagne pour sa part a annoncé l'expulsion de quatre employés de l'ambassade de Syrie, en relation avec une affaire d'espionnage d'opposants syriens.
Savoir Plus
Sept membres des forces de sécurité tués dans une embuscade
Au moins sept membres des forces de sécurité ont été tués et douze blessés jeudi dans une embuscade tendue par des déserteurs sur la route reliant Deraa (sud) à Damas, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'attaque a été menée au moment où "les membres des forces de sécurité circulaient à bord de deux bus sur un pont", a indiqué à l'AFP le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.
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