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Roumanie : confiance du Parlement au nouveau gouvernement

AFP

Mis en ligne le 09/02/2012

L'exécutif présenté par le Premier ministre Mihai Razvan Ungureanu a obtenu 237 voix pour et deux votes contre.

Le nouveau gouvernement roumain de centre-droit a obtenu jeudi la confiance au Parlement, malgré le boycott de l'opposition, et maintiendra les grandes orientations de la Roumanie en terme d'adoption de l'euro en 2015, de politique étrangère et de lutte contre la corruption.

L'exécutif présenté par le Premier ministre Mihai Razvan Ungureanu a obtenu 237 voix pour et deux votes contre, selon un décompte officiel. "J'espère ne jamais vous décevoir même s'il s'agit d'une mission difficile", a déclaré M. Ungureanu, 43 ans, qui était jusqu'à mercredi chef des services d'espionnage extérieur.

Cet historien de formation avait été choisi par le président Traian Basescu lundi, en remplacement d'Emil Boc qui a démissionné sur fond de mécontentement croissant face aux mesures d'austérité.

Si certaines têtes ont changé au sein de l'exécutif, la coalition au pouvoir reste inchangée avec le Parti démocrate-libéral (PDL), le parti de la minorité hongroise (UDMR) et l'Union nationale pour le progrès de la Roumanie (UNPR). Des ministres clé comme Cristian Diaconescu aux Affaires étrangères ou Leonard Orban aux Affaires européennes ont été maintenus.

Un certain nombre de trentenaires, souvent méconnus du grand public, ont fait leur entrée comme Bogdan Dragoi, 31 ans, aux Finances, auteur de deux émissions d'obligations réussies pour le Trésor roumain.

Certains sont déjà contestés comme le ministre de l'Agriculture Stelian Fuia dont 70 organisations de défense de l'environnement ont demandé la démission en raison de sa longue carrière au sein du premier producteur mondial d'organismes génétiquement modifiés (OGM) Monsanto.

L'opposition sociale-libérale a indiqué qu'elle ne participait pas au vote en raison de "réticences envers certains ministres". La mission du nouveau gouvernement durera en principe neuf mois jusqu'aux élections législatives de novembre.

Dans son discours de politique générale, M. Ungureanu a indiqué qu'il maintiendrait "l'objectif d'adopter l'euro à l'horizon 2015". Il a entrouvert la porte à une hausse "prudente" des salaires du secteur public et des retraites, "si l'économie le permet". En 2010, alors que la Roumanie vivait sa deuxième année de récession, le gouvernement avait taillé les salaires du secteur public de 25% et gelé les retraites.

Cette cure de rigueur avait permis à Bucarest d'obtenir une ligne de crédit de 20 milliards d'euros du Fonds monétaire international (FMI) et de l'UE. Le leader de l'opposition, M. Ponta, a toutefois appelé le nouveau gouvernement à ne pas parler comme son prédécesseur que "de chiffres et de statistiques". "En macro-économie, la Roumanie se porte bien mais au micro niveau, celui de la vie, les choses ne vont pas bien", a insisté M. Ponta, un des seuls leaders de l'opposition à avoir été présent dans la salle.

Il a rappelé que le niveau de pauvreté en Roumanie restait très élevé. Selon des statistiques publiées par Eurostat mercredi, les plus fortes proportions de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'UE se trouvent en Bulgarie (42%) et en Roumanie (41%).

M. Ungureanu a promis que "l'éradication de la corruption de haut niveau constituera un axe central du gouvernement".

La Roumanie a reçu mercredi les compliments de la Commission européenne pour les avancées dans la lutte anticorruption même si des progrès restent à faire. Ce dossier est étroitement lié à l'adhésion très désirée par Bucarest à l'espace de libre circulation Schengen.

M. Ungureanu a précisé qu'il espérait intégrer Schengen "d'ici la fin 2012". Il a appelé de ses voeux un meilleur dialogue avec l'opposition.

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