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Avec des "si", les Belges élisent Sarko

Gilles Milecan

Mis en ligne le 13/02/2012

Pour son Baromètre, “La Libre” a demandé à son panel de s’imaginer français. Dans les trois régions, Nicolas Sarkozy arrive en tête du sondage.

Avec des "si", on mettrait Paris en bouteille. Avec des "si vous étiez français", les sondés "La Libre-RTBF-Dedicated Research" élisent Nicolas Sarkozy à la présidence de la France.

Bien sûr, l’exercice, et donc ses conclusions, occulte "la" particularité du scrutin présidentiel français : le second tour si aucun des candidats n’obtient la majorié absolue au premier tour.

Bien sûr, les Belges ne sont pas tous prêts à arborer la cocarde sur simple demande, particulièrement en Flandre d’ailleurs. A l’heure du choix, le Nord du pays répond à 57 % qu’il est "sans opinion", qu’il "n’irait pas voter" ou qu’il ne voterait "pour aucun des candidats" présentés (41 + 13 + 3). Ce score élevé dépasse de loin les chiffres recueillis en Wallonie (19 + 11 + 4, soit 34 %) et à Bruxelles (21 + 8 + 5, soit 34 % également).

La barrière de la méconnaissance franchie pour se prêter au jeu, la Belgique se prête volontiers à un scrutin imaginaire dans un pays qu’elle pense bien souvent connaître comme si c’était le sien. Même en Flandre, la France est un de ces "grands voisins" auxquels les citoyens s’intéressent, ne fût-ce que parce que c’est une terre de tourisme parmi les plus appréciées. Pour preuve, les (certes maigres) pour cent récoltés par des candidats comme Hervé Morin (Confédération centriste), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) ou Corine Lepage (Cap 21), dont il est réaliste de dire qu’ils font jusqu’à présent de la figuration dans la course à l’Elysée.

Son locataire actuel en revanche accorde Flamands, Bruxellois et Wallons. Dans les trois régions, Nicolas Sarkozy arrive en tête des intentions de vote. Candidat on ne peut plus probable mais pas encore déclaré

Surprise ? En Wallonie sans aucun doute. L’on sait combien le vote "à gauche" est ancré en Wallonie et voir le président sortant récolter 64 % des votes MR, 28 % des votes CDH et 14 % des votes Ecolo ne le mènerait pas au haut du podium sans les 18 % de votes PS qu’il engrange. A Bruxelles, les socialistes ne sont "que" 12 % à reconduire Sarkozy dans le fauteuil présidentiel. Mais le pourcentage de vote CDH attiré grimpe, lui, à 54 %, garantissant sept points d’avance sur François Hollande au candidat bientôt déclaré (28 % contre 21 %).

Plus spectaculaire bien que moins étonnant pour beaucoup : les électeurs étiquetés N-VA, CD&V, Open VLD et Vlaams Belang le consacreraient dès le premier tour, avec des scores allant de 54 à 56 %. Il ne manque d’ailleurs que de justesse ce plébiscite au niveau régional, freiné qu’il est par la cote obtenue auprès des socialistes flamands, 12 %. Ces derniers voteraient en bloc pour François Hollande.

Le score du candidat PS est ici le plus élevé obtenu toutes tendances confondues : 79 %. Mais cette quasi-unanimité ne se reproduit pas dans les autres régions du pays. A Bruxelles, seul un socialiste sur deux lui donne sa voix. 15 pour cent d’entre eux la confieraient à Dominique de Villepin, qui réalise là son meilleur score personnel, et, on l’a écrit, 12 % rempileraient avec Sarkozy.

Dans les trois régions, François Hollande se hisse cependant à la seconde place sans aucune difficulté. En comptabilisant 26, 27 et 21 %, il laisse Marine Le Pen à 15 longueurs en Wallonie, à 20 longueurs en Flandre et, à Bruxelles, c’est François Bayrou qui lui concède 9 %.

Si l’on se plonge dans une analyse au cœur de l’électorat de chacun des partis belges auxquels les sondés s’identifient, certains clivages semblent se révéler. Au CDH, par exemple, on constate que "le" candidat centriste, François Bayrou, récolte 23 % des suffrages en Wallonie mais seulement 13 % à Bruxelles, où Nicolas Sarkozy franchit la barre des 50 % (53 % pour être exact) dans une formation dont la branche wallonne le cantonne à 28 % (seulement 2 de plus que François Hollande).

Autre formation dont l’électorat se révèle, à la lumière de notre exercice théorique, plus éparpillé encore : le FDF. Le vote de ses sympathisants se répartit en effet à peu près équitablement entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou, respectivement 26 et 25 %. Surtout, il enrobe dans un mouchoir quatre autres candidats : Hollande, de Villepin, Le Pen et Mélenchon obtiennent des scores oscillant entre 10 et 14 %.

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