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La vierge et le Président
Stéphanie Fontenoy
Mis en ligne le 13/02/2012
On le savait séducteur et grand amateur de femmes. De Marilyn à Sza Sza Gabor, les aventures de JFK avec les étoiles d’Hollywood sont entrées dans l’histoire. Mais on est loin du conte de fée, comme le montre "Il était une fois un secret : ma liaison avec le président John F. Kennedy et ses conséquences ", sorti mercredi dernier aux Etats-Unis
C’est le récit d’une ancienne stagiaire de la Maison-Blanche, témoin privilégié des mœurs libertines du 35e président des Etats-Unis, puisqu’elle succomba elle aussi à ses avances. Au cours de l’été de 1962, Mimi Alford avait 19 ans et venait de commencer un stage au service de presse de la Maison-Blanche quand elle fut invitée à une séance de natation avec le Président qui soignait ainsi son mal au dos.
Un peu plus tard dans la soirée, mise en confiance avec plusieurs verres de daïquiri, elle accompagna alors celui-ci pour une visite des appartements privés. JFK la dirigea tout bonnement vers la chambre de Madame Kennedy Elle y perdit ce jour-là sa virginité.
"J’étais choquée", raconte cinquante ans plus tard l’intéressée. "Lui, au contraire, était posé, il faisait comme si ce qui venait de se passer était la chose la plus naturelle du monde. "
Mimi Alford, aujourd’hui âgée de 69 ans, passe aux aveux. Dans ses Mémoires de 200 pages, cette retraitée de l’administration ecclésiastique de New York, deux fois grand-mère, décrit sans fard ses ébats sexuels avec l’un des présidents les plus adulés des Etats-Unis. Leur relation s’est en effet poursuivie bien après qu’elle fut retournée à l’université et se fut fiancée.
Le locataire de la Maison-Blanche l’appelait alors en secret et la faisait conduire jusqu’à lui en limousine quand Jackie était absente. Charmant et séduisant, JFK gardait cependant une certaine distance. Pendant la durée de leur relation, la jeune femme a continué à s’adresser à "Monsieur le Président" et ils ne s’embrassaient jamais sur la bouche. Les amants se sont vus une dernière fois une semaine avant l’assassinat de JFK à l’automne de 1963.
L’ouvrage est truffé de détails grivois, voire pornographiques, comme cette scène où le président demande à la jeune femme de faire une fellation à son assistant, David Powers. "Je ne pense pas que le Président croyait que j’allais le faire, mais j’ai honte de dire que je l’ai fait." Alors qu’elle passait à l’acte, JFK "regardait en silence". Elle raconte aussi une soirée au domicile du crooner Bing Grosby à Hollywood, où la drogue circulait librement. Quand des fioles de poppers, un excitant sexuel, furent offertes, elle refusa, mais JFK en ouvrit une directement sous son nez.
Mimi Alford avoue avoir été sous l’emprise charnelle du chef d’Etat et ne pas avoir de remords. "Etre désirée par l’homme le plus célèbre et le plus puissant du monde amplifiait mes sentiments et résister était hors de question." Candeur ou racolage ? L’ex-stagiaire a tout de même touché un million de dollars de la maison d’édition Random House pour ses croustillantes révélations.
L’existence de Mimi était pourtant un secret de polichinelle : l’ancienne attachée de presse de JFK, Barbara Gamarekian, aujourd’hui décédée, avait déjà évoqué en 1967 "cette relation spéciale avec le Président". L’historien Robert Dalleck, qui avait lui aussi brièvement relaté cette liaison en 2003 au moment de l’affaire Lewinsky, ne condamne pas la publication de ces indiscrétions qui permettent, selon lui, un "rééquilibrage" entre l’image idéalisée de JFK et la réalité.
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