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Une rive sud à consolider
Vincent Braun
Mis en ligne le 18/02/2012
Les pays arabes, qui célèbrent tour à tour le premier anniversaire de leurs révolutions en ce début d’année, ont généré beaucoup d’instabilité au Magreb, d’où elles sont parties, en même temps qu’elles ont dégagé des perspectives inédites. Mais les nouveaux processus politiques en cours les maintiennent dans une dynamique fragile.
Sur la rive sud de la Méditerranée, les défis sont nombreux, démocratiques, économiques et sociaux, sécuritaires et de coopération. Quatre enjeux mis en exergue par l’Institut Thomas More dans son second rapport (deux ans après le premier) sur la sécurité durable au Maghreb - un concept qui englobe des enjeux purement sécuritaires et de développement humain. Ce think tank d’opinion européen, basé à Bruxelles et à Paris, y interroge l’engagement de l’Europe au Maghreb.
Compte tenu de la crise actuelle et de la nécessité d’avoir une zone de stabilité à sa frontière sud, "l’Europe a tout à gagner à aller dans le sens d’un renforcement des synergies avec les pays du Maghreb ainsi que des relations entre eux", a souligné Antonin Tisseron, chercheur associé à l’Institut Thomas More et auteur du rapport présenté et débattu jeudi soir à Bruxelles à l’hôtel Renaissance - petit clin d’œil aux nouvelles perspectives de ces pays et au nom du parti islamiste Ennahda, grand vainqueur des récentes élections en Tunisie.
"L’Europe devrait tendre la main à la Tunisie et en faire un exemple pour le monde arabe. Pas uniquement dans l’intérêt de la Tunisie, mais aussi dans celui de l’Europe", a plaidé Fadhel Abdelkefi, président de la Bourse de Tunis et directeur général de la société financière Tunisie Valeurs.
Pour lui la marge de manœuvre du nouveau gouvernement tunisien, né dans la foulée des élections d’octobre dernier, est très réduite. Ce qui, selon lui, oblige la Tunisie à se tourner vers l’Europe "pour avoir une politique économique volontariste à même de baisser d’un cran le malaise social, qui continue à exister principalement dans les régions intérieures du pays".
Des disparités régionales sur lesquelles l’Union européenne a choisi d’apporter son expertise communautaire. Ainsi, 20 millions d’euros ont été dégagés pour tenter d’aider les Tunisiens "à développer les régions intérieures qui sont dans un état de sous-développement par rapport aux régions littorales", a affirmé Hugues Mingarelli, directeur au Service européen pour l’action extérieure.
L’Europe a aussi pris des mesures économiques spécifiques pour le développement des petites et moyennes entreprises, "parce qu’il nous a semblé que c’était le moyen privilégié pour créer rapidement des emplois".
L’aide économique est essentielle "car le terreau de l’insécurité est la pauvreté", a insisté M. Mingarelli. "Nous avons proposé à un certain nombre de pays d’Afrique du Nord des accords de libre-échange approfondis et complets. [ ] Nous leur proposons de reprendre l’acquis communautaire, comme nous l’avons fait avec les pays d’Europe centrale et orientale, et aujourd’hui encore avec ceux des Balkans. Ceci devrait leur permettre à moyen terme d’intégrer le marché unique de l’Union européenne, les ancrer dans ce marché."
"L’objectif de la Tunisie c’est de s’intégrer en Europe, a soutenu M. Abdelkefi. On n’a pas d’autre objectif. On ne veut aller ni à droite, ni à gauche, ni vers le Sud, donc, très clairement, on veut aller vers le Nord. On veut une circulation des hommes et des marchandises. J’applaudis l’accord réalisé avec le Maroc. Il faudrait maintenant passer un accord semblable avec la Tunisie."
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