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L'AIEA et l'Iran dans une impasse
AFP
Mis en ligne le 22/02/2012
L'Iran "ne cherche pas à avoir l'arme atomique, dont la possession est inutile, dangereuse et nuisible, et constitue un grand péché d'un point de vue intellectuel et religieux", a déclaré le Guide de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, devant des scientifiques nucléaires iraniens réunis à Téhéran.
Le numéro un iranien a en revanche réaffirmé que l'Iran ne renoncerait pas à continuer à développer son programme nucléaire en dépit des "pressions, des sanctions, des pressions et des assassinats (de scientifiques iraniens) qui ne donneront aucun résultat".
L'accès à l'énergie nucléaire relève de "l'intérêt national de l'Iran", a-t-il souligné en accusant les grandes "puissances dominatrices" de chercher à "arrêter le progrès du peuple iranien".
Cette réaffirmation des positions traditionnelles de l'Iran sur la question nucléaire intervient alors qu'une visite à Téhéran d'une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) destinée à essayer de lever les doutes sur les objectifs iraniens s'est achevée mardi dans une impasse.
La communauté internationale redoute que le programme nucléaire iranien, condamné depuis 2006 par six résolutions du conseil de sécurité de l'ONU dont quatre assorties de sanctions, n'ait un objectif militaire caché, ce que l'Iran a toujours farouchement démenti.
L'AIEA a toutefois réaffirmé dans son dernier rapport, en novembre, avoir de "sérieuses inquiétudes" sur une "possible dimension militaire" de ce programme, s'attirant les foudres de Téhéran qui l'a accusé de parti pris politique.
Les Occidentaux en ont de leur côté tiré argument pour renforcer leurs sanctions économiques contre l'Iran, décrétant en janvier un embargo sur son pétrole et sa Banque centrale. Téhéran a répondu en annonçant, en violation des résolutions de l'ONU, un renforcement de ses capacités d'enrichissement d'uranium qui sont au coeur de son conflit avec la communauté internationale.
Dans ce contexte, certains diplomates n'avaient pas hésité à qualifier la visite en Iran de la délégation de l'AIEA de "mission de la dernière chance" pour permettre à Téhéran de prouver sa bonne foi.
Le chef de la délégation onusienne, le Belge Herman Nackaerts, a expliqué mercredi, à son retour à Vienne, qu'elle n'avait pas pu accéder au site militaire controversé de Parchin, dans la banlieue de Téhéran, ni "formaliser la suite" des discussions entre l'AIEA et l'Iran.
Dans un communiqué, l'agence a "regretté" l'absence d'un accord sur la poursuite des discussions, tandis que son directeur général, le Japonais Yukiya Amano, a jugé l'attitude iranienne "décevante".
L'AIEA n'a pas donné d'indication sur les suites qu'elle entend donner à cet échec, dont débattra son conseil des gouverneurs le 5 mars prochain. Ce blocage intervient alors que l'Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine + Allemagne) tentent parallèlement de renouer leur dialogue pour trouver une issue diplomatique à leur interminable conflit autour du dossier nucléaire iranien.
Téhéran a accepté la semaine dernière, après plusieurs mois d'hésitation, une proposition des 5+1 de reprendre des discussions centrées sur son programme nucléaire, tout en prenant soin d'affirmer que ses droits en la matière n'étaient "pas négociables".
L'échec des discussions avec l'AIEA ne devrait pas faciliter la reprise du dialogue avec les grandes puissances, que les Occidentaux ont conditionnée à un engagement "sérieux" de Téhéran pour un règlement du conflit.
Il pourrait également réactiver les menaces de frappes militaires israéliennes contre les sites nucléaires iraniens, que l'Etat hébreu a multiplié ces dernières semaines en estimant que les sanctions contre l'Iran étaient inefficaces.
Dans une allusion à ces menaces, le ministre iranien de la Défense Ahmad Vahidi a affirmé mercredi que l'Iran "ne cherche pas la guerre et n'a jamais déclenché une guerre, mais défendra avec puissance ses intérêts nationaux".
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