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Syrie - Les dangers du métier de journaliste

Christophe Lamfalussy

Mis en ligne le 22/02/2012

Certains diront, confortablement installés dans leur fauteuil, que le jeu n'en vaut pas la chandelle et que les médias ne devraient pas envoyer de journalistes sur des zones de conflit.
La mort de deux journalistes, ce mercredi matin à Homs en Syrie, illustre une fois de plus les dangers du métier et les risques que prennent les reporters en se fondant directement entre les lignes d'un conflit fratricide.

L'Américaine Marie Colvin, pour le Sunday Times, et le Français Rémi Ochlik, pour Paris-Match, ont été tués lorsqu'une salve de roquettes s'est abattue sur la maison du quartier de Bab Amro où les insurgés tenaient une sorte de centre de presse. Ils ont subi le même sort que les civils dont ils voulaient faire entendre la voix. Treize personnes ont été tuées ce matin à Homs, toutes des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le 11 janvier dernier, un autre journaliste français, Gilles Jacquier, avait été tué à Homs par un obus alors qu'il se trouvait du côté gouvernemental.

Certains diront, confortablement installés dans leur fauteuil, que le jeu n'en vaut pas la chandelle et que les médias ne devraient pas envoyer de journalistes sur des zones de conflit. Mais que serait notre monde si la seule information qui nous parvenait des pays en guerre était celle des belligérants? Devons-nous vivre dans une société qui ferme les yeux et croit erronément dans le risque zéro? Les Balkans, l'Afghanistan, l'Irak, le Printemps arabe semblaient certes lointains, mais ont eu un impact sur nos sociétés.

La situation à Homs s'est dégradée à toute vitesse. Depuis début février, l'armée syrienne est sortie de ses casernes et bombarde tous les jours les quartiers des insurgés. Des familles sont prises en étau, sous les tirs de snipers et l'artillerie. Les vivres manquent. Les soins aussi. Du coup, le travail des journalistes devient plus difficile. Et comme toujours, ce sont les premières heures d'un conflit qui sont les plus dangereuses. Bientôt, les reporters porteront casques et gilets pare-éclats pour aller à Homs.

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