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Édito : Informer coûte que coûte

Mis en ligne le 23/02/2012

Vincent Slits

Marie Colvin et Rémi Ochlik. Ces deux noms s’ajoutent à la liste, déjà longue, des journalistes et photographes étrangers et locaux tués en Syrie depuis le début de la contestation contre le régime de Damas. Ils ont payé de leur vie la passion de leur métier : celle d’informer coûte que coûte, en dépit des risques, de tous les risques. Celui d’être les témoins visuels de ce qui se passe dans des pays en guerre, en proie à la répression la plus sanglante de régimes finissants qui n’ont plus que l’intimidation, la menace et la violence pour espérer survivre au cours de l’histoire. Deux noms qui reposent la sempiternelle question à chaque fois que surviennent des faits aussi tragiques : faut-il encore envoyer sur le terrain journalistes et photographes dans des zones de conflit ? Oui. Car en dépit de la difficulté de faire son travail en toute liberté dans des circonstances aussi extrêmes, la présence de journalistes sur le terrain reste indispensable. Pour relayer le calvaire que vivent au quotidien les populations civiles opprimées, en première ligne de l’horreur. Pour être les témoins indépendants des exactions et crimes perpétrés chaque jour au nom de la survie d’un régime ou d’une aspiration légitime du peuple à son renversement. Pour alerter l’opinion publique enfin sur ces réalités qui sinon resteraient occultées. Ces journalistes-reporters de guerre sont des relais de notre conscience. La mort, évidemment dramatique, de certains d’entre eux ne devrait que renforcer notre détermination à faire éclore la vérité.

© La Libre Belgique 2012

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