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Un chirurgien français décrit le "carnage" et "la cruauté" à Homs
AFP
Mis en ligne le 25/02/2012
Cofondateur de Médecins sans Frontières (MSF), il se dit "marqué par les bombardements, la détresse des gens mais aussi leur courage", malgré les conditions de vie particulièrement difficiles.
"J'ai vu la souffrance inutile, la cruauté, la méchanceté, la souffrance des enfants, des familles, c'est insupportable, c'est honteux, les gens meurent et on (la communauté internationale) ne fait rien", s'est-il indigné.
Le septuagénaire a été accueilli par des responsables de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) et de France-Syrie Démocratie.
"On est fait pour ça, on est fait pour soigner les gens, on va où les autres ne vont pas", a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant : "J'aimerais beaucoup y retourner, je ne sais pas si ça va être possible, surtout que la prochaine fois je vais être une cible".
Dans cette ville assiégée depuis plus de 20 jours par les forces du régime de Bachar al-Assad, "les bombardements commençaient à 06H30 (...) Ca durait toute la journée".
"Les rues sont complètement désertes et quand les gens sont obligés d'aller chercher de la farine pour faire du pain, ils profitent d'une porte cochère, ils se font des signes, pour voir s'ils peuvent passer sans encombres".
La ville a subi "de gros dégâts, ce n'est pas tout à fait Berlin lors de la seconde Guerre mondiale, ce n'est pas encore Beyrouth, mais ça va le devenir", relève-t-il, en insistant sur les pénuries d'eau et d'électricité.
"Il y a eu de gros dégâts, il y a eu des immeubles en feu", explique-t-il décrivant avec ses mains la taille des impacts.
"En même temps, j'ai vu des choses extraordinaires, des gens qui ont eu des blessures extraordinaires, incroyable, une balle qui rentre là, qui sort là, qui casse le bras, mais rien aux poumons (...) des miracles", ajoute-t-il.
Son visage redevient grave quand il évoque "des enfants presque coupés en deux par des obus". Un jour, "il y avait beaucoup de blessés", raconte-t-il, et "un petit garçon, parmi les morts, que son papa blessé essayait tout seul de soigner".
"C'est comme dans un film de guerre, un film lourd avec du sang partout".
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