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Vivre près d'une centrale nucléaire est-il nocif ?
Rédaction en ligne avec Belga
Mis en ligne le 09/03/2012
Après la catastrophe de Fukushima, de nombreuses voies se sont élevées dans le monde pour dénoncer l'absence de données médicales exploitables sur l'impact sanitaire du nucléaire. En Belgique, on n'a pas attendu le désastre pour s'intéresser à la question.
La ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx, charge ainsi dès 2008 l'Institut scientifique de santé publique (ISP) de réaliser à l'échelle nationale une étude épidémiologique sur l'état de santé des personnes vivant à proximité d'un site nucléaire. Le cadre de cette étude est défini en concertation avec différents partenaires à savoir l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), le Registre du cancer, le SPF Santé publique et le Centre d'étude de l'énergie nucléaire (CEN).
Dans un premier temps, la recherche se concentre sur un recensement statistique de cas de cancers de la thyroïde réalisé par le Registre du cancer pour la période allant de 2004 à 2006.
En mars 2010, la ministre livre les premiers constats de l'étude. Il ressort de ceux-ci que les cancers de la thyroïde seraient deux fois plus fréquents en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre.
Selon les experts, ces particularités géographiques pourraient s'expliquer par une différence assez marquée dans le diagnostic et les pratiques cliniques. Ainsi, par exemple, le nombre de thyroïdectomies (opération chirurgicale consistant en l'ablation partielle ou totale de la glande thyroïde) est deux fois plus important à Bruxelles et trois fois plus important en Wallonie qu'en Flandre. Après ce constat, la ministre charge le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) d'examiner ces disparités.
Par ailleurs, ces premiers résultats démontrent également que le taux d'incidence moyen, dans la zone située dans un rayon de 20 kilomètres autour de Fleurus ou encore de la centrale nucléaire de Chooz, située près de la frontière franco-belge, est supérieur à la moyenne wallonne. Cependant, la répartition des cas au sein de ces mêmes zones est très contrastée.
En mars 2011, la Fondation Registre du cancer publie de nouvelles statistiques portant sur la période 2004-2008. Plus précises, celles-ci reprennent notamment une cartographie du cancer de la thyroïde en Belgique.
Depuis lors, l'étude épidémiologique a été bouclée et un rapport final est en cours de préparation. Il sera disponible fin mars-début avril, indique le cabinet de la ministre, contacté par l'agence Belga.
Les résultats des recherches menées par le Centre fédéral d'expertise des soins de santé seront, quant à eux, connus en mai.
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