Gaza toujours sous les frappes israéliennes

Deux Palestiniens ont péri dans un nouveau raid israélien sur le centre de la bande de Gaza lundi, portant à plus de 100 le nombre de Palestiniens tués en six jours d'opération israélienne sur l'enclave.

AFP

Un commandant du Jihad islamique a été tué lundi dans une frappe israélienne sur un centre de médias dans la ville de Gaza, tandis que trois autres Palestiniens ont péri lors de raids dans le centre du territoire, selon des sources palestiniennes.

"Un Palestinien a été tué et trois autres blessés par une frappe sur la tour Chourouq", où se trouve la télévision Al-Aqsa du Hamas, au pouvoir à Gaza, selon un communiqué des services d'urgences du ministère de la Santé. Deux des blessés sont des cameramen, dont un de la chaîne saoudienne Al-Arabiya, ont précisé des témoins.

Le tué est Ramez Harb, un commandant des Brigades al-Qods, la branche militaire du Jihad islamique, et chef de sa propagande de guerre, selon des sources au sein du mouvement radical.

Dans un communiqué, l'armée israélienne a affirmé avoir visé une cache utilisée par de hauts cadres du Jihad islamique impliqués dans les tirs de roquettes contre le sud d'Israël à partir du nord de la bande de Gaza.

Ces chefs du Jihad islamique se trouvaient à l'intérieur lorsque le bâtiment a été frappé, selon le communiqué, qui cite quatre noms: Bahaa Abou al-Ata, membre de la direction militaire du mouvement, commandant pour la ville de Gaza, Mahmoud Jaabari, membre de la même instance et chef de la branche opérationnelle, Kalil Batini, un haut cadre militaire, et Ramez Harb, chef de la propagande.

Des frappes aériennes israéliennes avaient déjà touché deux centres de médias tôt dimanche, blessant au moins huit journalistes, dont deux dans la tour Chourouq, selon des sources médicales palestiniennes. L'armée israélienne avait affirmé avoir visé des systèmes de communications utilisés par la branche armée du Hamas.

Par ailleurs, deux Palestiniens ont été tués dans un raid à Nousseïrat (centre), selon les services d'urgences. La frappe visait le bâtiment de la police maritime, selon des témoins.

Et un Palestinien a péri en fin d'après-midi dans un raid à l'est de Nousseïrat, selon les services d'urgences.

Ces décès portent à 102 morts -- 99 Palestiniens et 3 Israéliens -- le bilan des hostilités depuis le début mercredi de l'offensive israélienne contre les groupes armés de la bande de Gaza.

Ballet diplomatique

Les tractations et visites diplomatiques engagées depuis plusieurs jours du Caire à Jérusalem, en passant par Ramallah et Gaza, devaient se poursuivre dans les jours qui viennent afin de parvenir à un cessez-le-feu.

Des discussions se poursuivaient au Caire, où un responsable israélien s'est rendu dimanche et où le président égyptien Mohamed Morsi a reçu les dirigeants des deux principaux mouvements de Gaza, le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal et le leader du Jihad islamique Abdallah Challah, selon des sources égyptiennes.

A Ramallah, les dirigeants des mouvements palestiniens Fatah, Hamas et Jihad islamique en Cisjordanie ont appelé lundi à l'unité et promis de mettre "fin à la division" en solidarité avec les Palestiniens de la bande de Gaza lors d'une manifestation à Ramallah.

Le ballet diplomatique se poursuit également en Israël et dans la bande de Gaza. L'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, et le ministre allemand des Affaire étrangères, Guido Westerwelle, étaient attendus lundi à Jérusalem, au lendemain d'une visite du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Côté palestinien, après le Premier ministre égyptien et le ministre tunisien des Affaires étrangères, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, doit se rendre mardi à Gaza à la tête d'une délégation ministérielle. Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu est également attendu mardi à Gaza, selon l'agence de presse Anatolie.

Compte tenu de la menace d'une offensive terrestre israélienne, le temps semblait compté pour les tractations en vue d'une trêve. "Les plans pour un accord avec le Hamas sont maintenant entrés dans leurs 24 heures cruciales (...). Maintenant il y a une course contre la montre: entre la voie d'une escalade militaire et celle menant à un accord", a estimé Alex Fishman, l'expert militaire du quotidien Yedioth Aharonot.

"Pilier de défense" est la plus vaste opération israélienne contre Gaza depuis l'offensive dévastatrice de décembre 2008-janvier 2009, qui n'avait que temporairement fait cesser les tirs de roquettes.

Israël répète que la seule condition d'une trêve est que tous les groupes armés de Gaza cessent leurs tirs. Le Hamas réclame pour sa part la garantie que "l'agression et les assassinats vont s'arrêter", ainsi que la levée du blocus imposé par Israël sur Gaza depuis 2007, promise en 2009 mais jamais appliquée. Selon un responsable du Hamas, une solution équitable serait de voir les

Etats-Unis, principal allié d'Israël, devenir "un garant" du respect du cessez-le-feu.


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