Le plan de carrière d'Hillary

Hillary Clinton en ferait-elle trop ? Certes, un peu éclipsée par son "boss", Barack Obama, la Secrétaire d'Etat américaine ne se démène pas moins depuis quatre ans pour dispenser la bonne parole américaine à tous les coins de la planète. Cette globe-trotteuse hors pair a visité 112 pays et parcouru 1,5 million de kilomètres, passant un total de 87 jours complets dans les airs à bord de son Boeing 787, loin du confort de l'avion présidentiel.

Stéphanie Fontenoy

états-unis Correspondante à New York Hillary Clinton en ferait-elle trop ? Certes, un peu éclipsée par son "boss", Barack Obama, la Secrétaire d'Etat américaine ne se démène pas moins depuis quatre ans pour dispenser la bonne parole américaine à tous les coins de la planète. Cette globe-trotteuse hors pair a visité 112 pays et parcouru 1,5 million de kilomètres, passant un total de 87 jours complets dans les airs à bord de son Boeing 787, loin du confort de l'avion présidentiel.

Véritable bourreau de travail, Mme Clinton, 65 ans, ne ménage pas sa santé, selon son entourage. A son agenda, nuits blanches et décalage horaire, alimentation sur le pouce et manque d'exercice physique. Elle avait elle-même avoué être épuisée, avant de contracter un virus gastrique début décembre.

Son état de santé s'est ensuite détérioré. Une chute due à évanouissement a occasionné une commotion cérébrale, donnant lieu à un examen plus approfondi qui a permis de déceler, le 30 décembre, une thrombose au cerveau. Cet enchaînement de diagnostics différents avait alimenté les rumeurs les plus folles. Pourtant, son cas n'est pas unique.

"Ce caillot au cerveau peut avoir été causé par plusieurs facteurs concomitants, par exemple le fait qu'elle soit une femme, et ses antécédents puisqu'elle a déjà fait une phlébite il y a quelques années", a expliqué à "La Libre Belgique" le neurologue new-yorkais David J. Langer, qui soigne des thromboses similaires. "Elle doit absolument éviter les coups à la tête car, avec la prise d'anticoagulants, les conséquences pourraient être graves. Mais la patiente ne devrait souffrir d'aucune séquelle et pourra reprendre le travail tout à fait normalement", prédit le spécialiste.

Sortie de l'hôpital mercredi dernier, la responsable de la diplomatie américaine s'apprête à reprendre du service cette semaine, avant de passer le flambeau à son successeur, John Kerry, à la fin du mois. Avant de prendre congé des médias, Hillary Clinton sera encore sous les feux de la rampe dans les semaines à venir lors de son audition au Sénat au sujet de l'attaque de l'ambassade américaine de Benghazi en Lybie.

Pronostics

Comme l'illustre cet accident de santé très médiatisé, la vie des Clinton n'a décidément pas fini de faire couler de l'encre. Tous les pronostics sont ouverts sur une possible candidature de l'ex-Première Dame à la présidence des Etats-Unis en 2016, alors que l'intéressée a elle-même déclaré aspirer à une retraite de la vie politique à partir de cette année. Mais cette infatigable perfectionniste, qui a consacré toute sa vie à la politique, pourra-t-elle tirer sa révérence aussi facilement ? C'est peu probable.

Son bilan à la tête de la diplomatie américaine en dit long sur son engagement. Elle a su faire profil bas en laissant Barack Obama dicter les grandes lignes de la politique étrangère américaine. Mais elle s'est démenée pour faire avancer les causes qui lui tiennent à cœur : le droit des femmes, la liberté d'expression, notamment à travers les médias sociaux, et la démocratie. A commencer par son propre ministère, où elle a promu la participation des femmes à tous les niveaux, du budget aux négociations de paix.

Une initiative qui lui est chère est "L'Alliance mondiale pour les cuisines propres" qui permet à des millions de mères de nourrir leur famille dans de meilleures conditions. Une action qui semble anodine à première vue, mais qui a un impact réel, sur la santé et la sécurité des femmes et des enfants, ainsi que sur l'environnement.

Son influence a été importante pour ce que Aaron David Miller, ancien conseiller au Département d'Etat, appelle "l'humanisme planétaire". Elle préfère parler d'une "approche du XXIe siècle" qui privilégie les collaborations avec la société civile plutôt que la force militaire. Il ne serait pas surprenant de la voir rejoindre son mari à la tête de la Fondation Clinton qui poursuit des buts humanitaires et de développement. Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'a pas dit son dernier mot.

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