Enquête après un appel à la stérilisation des femmes roms
La principale ONG de défense des Roms en Roumanie, et le Centre pour le combat contre l'antisémitisme (MCA) ont dénoncé "une atteinte aux principes démocratiques".
- Publié le 12-01-2013 à 09h42
La justice roumaine a ouvert une enquête après l'appel d'un groupuscule extrémiste en faveur de la stérilisation des femmes roms, a indiqué samedi l'agence de presse Agerpres.
Le parquet de Timisoara (ouest) a ouvert cette enquête pour des faits de "promotion d'idéologie fasciste et raciste par le biais de propagande publique", ont indiqué les procureurs à Agerpres.
Cette semaine, le groupe nationaliste et extrémiste NAT88 de Timisoara (ouest), qui revendique quelques dizaines de membres, a annoncé sur son site internet qu'il "offrira une récompense de 300 lei (68 euros) à chaque femme tsigane (terme péjoratif en roumain, ndlr) de la région de Banat (ouest) qui présente un acte médical prouvant qu'elle s'est soumise volontairement à une opération de stérilisation en 2013".
Le groupe, qui s'est aussi fait connaître par des propos négationnistes, justifie cette action en accusant des membres de la communauté rom "d'attaques violentes".
L'Institut Elie Wiesel pour la recherche sur l'Holocauste en Roumanie Romani CRISS, la principale ONG de défense des Roms en Roumanie, et le Centre pour le combat contre l'antisémitisme (MCA)ont dénoncé une atteinte aux principes démocratiques" et demandé à la justice roumaine d'entamer des poursuites.
En Roumanie, l'essentiel de la minorité rom, forte officiellement de 620.000 membres mais qui compterait réellement entre 1,5 et 2 millions de personnes, vit dans la pauvreté, frappée par de fortes discriminations sur le marché de l'emploi et dans le système de santé.
