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Irak/Belgique
Kamikaze: 6 inculpés... pour le moment
Roland Planchar
Mis en ligne le 02/12/2005
C'est une longue enquête qui se dessine pour la justice belge, dans le cadre de l'attentat-suicide commis le 9 novembre en Irak par une kamikaze belge, Muriel Degauque, endoctrinée par son époux, le Marocain Issam Goris (lire ci-dessous). Car l'ampleur non de cette seule filière, mais celle du phénomène de radicalisation violente donnant naissance à ce type de groupes parait plus grande encore que redouté.
C'est ce qui ressort par exemple sans ambages de déclarations faites au Maroc par Mohamed Reha, un jeune islamiste belge arrêté dans le royaume chérifien le 20 novembre dernier, comme on le lira ci-contre. Mais l'enquête menée tant par la Sûreté de l'Etat que par la Police fédérale belge depuis près de quatre mois vise aussi à vérifier que d'autres cellules du même genre, plus ou moins connexes, existent ou non. De nouvelles séries de perquisitions ne sont d'ailleurs nullement à exclure, que ce soit sur la base des déclarations de Reha ou d'informations un peu plus anciennes.
Trente ans en moyenne
Ceci étant, cette enquête est passée jeudi par l'inculpation de six des quatorze personnes interpelées la veille à Bruxelles, Charleroi, Anvers et Riemst (Tongres), cinq d'entres elles ayant été placées sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction Daniel Fransen, après audition. Le parquet fédéral a confirmé qu'il s'agit d'un Tunisien de 29 ans, d'un Belge de 33 ans, d'un autre Belge mais d'origine tunisienne celui-là, âgé de 32 ans, d'un Belge d'origine algérienne âgé de 30 ans et, enfin, d'un Belge d'origine marocaine de 32 ans.
Le sixième inculpé a été laissé en liberté, mais sous diverses conditions. Il s'agit d'un Belge d'origine tunisienne de 28 ans.
Tous ont été inculpés sur la base de la loi «terrorisme» mais également pour faux et usage de faux, ce qui se rapporte à des documents d'identité, et tous comparaitront lundi prochain devant la chambre du conseil, qui confirmera vraisemblablement les mandats d'arrêt.
Comme nous l'indiquions dans notre précédente édition, l'opération menée mercredi à Bruxelles avait été quelque peu avancée à la suite de révélations faites par un média français. On pouvait craindre que les suspects, ainsi alertés, prennent le large...
Or cet aspect des choses a encore été mis en lumière, jeudi, dans la mesure où ces révélations ont, c'est plus clair qu'au préalable, vraiment gêné le pan belge de l'enquête, qui a, il est vrai, également débouché cette semaine sur l'arrestation d'un islamiste radical, en France.
C'est la ministre belge de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), qui l'a fait comprendre jeudi à la Chambre. «Les autorités judiciaires belges ont dû précipiter l'opération menée dans la nuit de mardi à mercredi à la suite d'un couac», a-t-elle déclaré. Sans cacher que «des rumeurs font état de ce que les informations provenaient d'autorités judiciaires françaises».
Congratulations bien civiles
Profitant de la réunion du Conseil des ministres européens de la Justice, elle a donc abordé le problème avec son homologue français, Pascal Clément. Et ce dernier a annoncé une enquête pour déterminer l'origine de la «fuite», que d'aucuns attribuent déjà, à tort ou à raison, au juge antiterroriste parisien Jean-Louis Bruguière - au demeurant reconnu pour son efficacité.
Mme Onkelinx a également profité de l'occasion pour remercier implicitement les services d'enquête belges, en signalant que, par son truchement, la Belgique avait reçu les félicitations des pays européens pour l'opération réussie de mercredi.
Reste à espérer qu'il en soit toujours ainsi, puisque la menace semble grandir.
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