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Népal

La démocratie est toujours enrayée

(AFP)

Mis en ligne le 09/02/2006

Les rebelles maoïstes et l'opposition au Roi ont réussi à torpiller les municipales.

Les élections municipales de mercredi au Népal, plombées par une participation minimale et émaillées d'incidents, sanctionnent l'échec du roi Gyanendra (photo) à rallier la population. C'est une victoire pour l'opposition alliée aux rebelles maoïstes. Ceux-ci ont d'ailleurs levé leur mot d'ordre de grève générale avant son terme, estimant atteint leur objectif qui était de faire échouer le scrutin.

«Notre campagne visant au boycottage des urnes a été un succès et c'est en prenant en considération les appels émanant des sept partis (d'opposition), de diverses organisations et de la population que nous avons mis fin au mouvement de grève», a ainsi déclaré le chef des rebelles maoïstes, Prachanda («Le Féroce»), dans un communiqué.

«Les attaques menées sur tout le territoire par notre Armée du peuple, conjuguées aux manifestations à l'appel des sept partis et au fort soutien populaire ont fait de ces élections un véritable échec», ajoute le texte.

Le pays a été largement paralysé par la grève qui avait commencé dimanche et ne devait s'achever qu'à la fin de la semaine.

La journée électorale de mercredi a été émaillée d'incidents au cours desquels un manifestant de l'opposition et un rebelle maoïste ont été tués. L'armée a ouvert le feu sur un groupe d'opposants au scrutin à Tribhuvan, dans le district de Dang, tuant un protestataire. Par ailleurs, les forces de sécurité ont annoncé dans un communiqué la mort d'un rebelle dans le district de Kailali.

Les élections, les premières depuis sept ans, ont été largement boudées par la population. La Commission électorale n'avait pas fourni en fin de journée de chiffres de participation définitifs mais la Télévision du Népal (chaine publique) a indiqué que, dans la capitale Katmandou, la participation était inférieure à 10 pc une heure avant la clôture du scrutin! Les résultats sont attendus ce jeudi.

Le scrutin avait été convoqué par le Roi, qui l'a qualifié de premier pas vers le rétablissement de la démocratie. Le monarque avait pris les pleins pouvoirs le 1er février 2005, tout en promettant des législatives pour 2007.

De nombreux candidats potentiels ont renoncé à se présenter, menacés de mort par les rebelles s'ils concourraient, et de sanctions par le gouvernement en cas de retrait intempestif. Deux d'entre eux ont été assassinés depuis le 22 janvier et le scrutin n'a eu lieu que dans 36 municipalités, au lieu des 58 initialement prévues, faute de prétendants. Les candidats en lice dans les 22 autres mairies ont été déclarés vainqueurs par forfait.

Le scrutin a été également marqué par un redoublement des offensives des rebelles qui contrôlent déjà une partie du royaume. Mercredi, l'armée a encore annoncé la mort de huit maoïstes et d'un soldat dans différents accrochages survenus mardi. Depuis le début janvier et la fin de la trêve unilatérale de quatre mois que les maoïstes avaient décrétée, plus de 140 personnes ont été tuées.

© La Libre Belgique 2006

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