La Libre.be > Actu > International > Article
G8
Un G8 qui s'annonce chaud
Gilles Toussaint
Mis en ligne le 06/06/2007
Inimaginable il y a quelques années à peine, le 33e rendez-vous annuel des dirigeants des huit pays les plus industrialisés du monde (Canada, Italie, France, Allemagne, Russie, Italie, Japon et Etats-Unis) qui débute ce mercredi à Heiligendamm en Allemagne sera largement consacré au problème du réchauffement climatique.
Depuis plusieurs semaines en effet, la chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne mais également celle du G8, travaille d'arrachepied à un projet de déclaration commune soulignant l'urgence de lutter contre ces changements. La proposition allemande visait notamment à inclure dans ce texte un objectif de réduction de 50 pc des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les pays industrialisés à l'horizon 2050 afin de tenter de limiter la hausse de la température moyenne à un seuil de 2°C par rapport à l'ère préindustrielle. Angela Merkel entendait de la sorte lancer un signal fort dans la perspective de la conférence de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra en Indonésie fin décembre et où seront débattues les suites à donner au Protocole de Kyoto qui arrive à son terme en 2012.
Opposition américaine
Las, ces ambitions ont été passablement douchées par la réaction des Etats-Unis qui ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils s'opposeraient à plusieurs passages de ce texte et singulièrement à la mention de tout objectif chiffré et contraignant. Qui plus est, prenant tout son monde à contre-pied, le président Bush a annoncé la semaine dernière son intention de mettre en place un "nouveau cadre de travail international sur le changement climatique" qui sortirait du giron des Nations unies.
Professeur d'économie de l'environnement à l'UCL, Thierry Bréchet voit néanmoins un point positif dans la sortie de George W. Bush. "Après avoir nié le problème du réchauffement, l'administration américaine le reconnait publiquement. En cela, je pense qu'elle cède à une pression interne car il y a pas mal d'Etats, de villes et d'industries qui se sont engagés dans des politiques climatiques ambitieuses. D'un autre côté, le président Bush s'oppose toujours à des limitations quantitatives des émissions de GES, telles qu'en prévoit le processus de Kyoto. Il est favorable à des objectifs relatifs, mais qui ne sont pas satisfaisants du point de vue environnemental. Pour l'administration américaine, cette position du refus de Kyoto devient de plus en plus difficile à tenir sur la scène internationale et même nationale. Ce que Bush essaie visiblement de faire, c'est de gagner du temps et de contourner la convention-cadre de l'Onu d'où découle le protocole. Mais étant donné que la Chine, le Brésil et l'Union européenne ont réaffirmé leur attachement à cette convention, la manoeuvre risque de tourner court."
Mais de son côté, la Chine - qui n'est pas partie prenante aux débats du G8 et qui est sur le point de ravir aux Etats-Unis le titre de premier pollueur mondial - a annoncé les grandes lignes de son plan de lutte contre le réchauffement en réitérant également son refus de fixer tout objectif précis qui pourrait freiner la croissance du pays... "Si la Chine est également opposée à des objectifs quantitatifs, elle a pour sa part tout intérêt à rester dans la convention-cadre des Nations unis car elle est le principal pays bénéficiaire des "mécanismes de développement propre" prévus par le protocole de Kyoto. Elle bénéficie de transferts de technologie très importants", précise M. Bréchet, qui souligne en outre qu'il faudra aussi voir quelle position va adopter la Russie, un autre poids lourd stratégique dans ce dossier.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...