La Libre.be > Actu > International > Article
Chine/Tibet
Violences dans la ville de Lhassa
AFP
Mis en ligne le 14/03/2008
La situation s'est embrasée vendredi à Lhassa, la capitale du Tibet, avec des violences et des coups de feu dans le centre historique de la ville. Plusieurs personnes ont été tuées vendredi lors des violences dans le centre historique de Lhassa, qui ont fait également une douzaine de blessés, selon le centre des urgences médicales de la capitale du Tibet.
Depuis lundi, des moines bouddhistes manifestent au Tibet et dans les régions avoisinantes, où vivent des minorités tibétaines, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï lama.
Vendredi à la mi-journée, plusieurs magasins du marché du Barkhor ont été incendiés, près du célèbre monastère du Jokhang, un site très touristique, selon des témoins. "On était sur la place vers 13H00 (05H00 GMT), on voyait des drapeaux blancs de manifestants dans la foule, quand les policiers sont arrivés en force et ont fait évacuer", a raconté un touriste français, joint par téléphone. "Le guide a eu peur et nous a demandé de quitter les lieux quand on a vu arriver les camions de policiers", a-t-il poursuivi, expliquant que c'était la "panique".
Citant des témoignages directs de citoyens américains, l'ambassade des Etats-Unis à Pékin a fait état de coups de feu. Une information confirmée par une touriste étrangère contactée par l'AFP. "Nous avons entendu des coups de feu", a dit cette femme sous couvert de l'anonymat, en précisant qu'elle demeurait dans un hôtel assez central.
Selon une infirmière d'un hôpital de Lhassa, jointe par l'AFP, au moins une douzaine de personnes ont été blessées et hospitalisées. "Il y a des patients, au moins une douzaine, qui sont soignés par les médecins et certains ont été hospitalisés. Ils ont des blessures externes", a-t-elle indiqué.
L'agence officielle Chine Nouvelle, uniquement dans son service en anglais, a confirmé que des incendies volontaires avaient été provoqués par des violences vendredi à Lhassa, faisant des blessés.
Des touristes étrangers, contactés au téléphone par l'AFP, ont décrit dans l'après-midi une ville bouclée par les militaires et les forces de l'ordre. "Il y a beaucoup de soldats et de policiers dans le centre de Lhassa, on nous a dit de rester à l'hôtel, on peut rien faire. Ils nous ont demandé de rester à l'hôtel, car il y avait des problèmes dans le centre", a témoigné un touriste allemand. Tous les restaurants et les bars ont été fermés, a-t-il ajouté.
Un touriste français a également affirmé que tous les monastères étaient fermés depuis trois jours. "Notre guide nous a prévenus qu'on ne pouvait pas les visiter", a-t-il dit.
Une manifestation a également eu lieu vendredi dans une région avoisinante, où vit une minorité tibétaine, dans la ville de Xiahe (nord-ouest de la Chine), siège du plus grand monastère du bouddhisme tibétain en dehors du Tibet.
Environ 200 personnes emmenées par des moines bouddhistes ont protesté dans cette ville de la province du Gansu, a constaté un photographe de l'AFP.
Ces incidents interviennent à la veille d'un important rendez-vous politique à Pékin, où le Parlement doit confirmer un nouveau mandat de président pour Hu Jintao. Ce dernier était à la tête du Tibet en 1989, lors des précédentes grandes manifestations.
Jeudi, Pékin a accusé le dalaï lama, le leader spirituel des Tibétains, d'organiser ces manifestations.
Lundi, devant ses partisans réunis dans son lieu d'exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, le dalaï lama avait violemment dénoncé la répression chinoise au Tibet, dans une déclaration inhabituellement sévère exprimée pour le 49e anniversaire de son exil en Inde, et à cinq mois des jeux Olympiques de Pékin.
Les dirigeants européens ont adopté vendredi une déclaration appelant la Chine à la "retenue" au Tibet, selon le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "La présidence slovène nous a proposé un texte, que nous avons accepté" qui "demande de la retenue, qui demande que les personnes arrêtées manifestant pour le Tibet (...) soient relâchées", a-t-il expliqué. "Nous avons demandé très clairement que le respect des droits de l'Homme soit assuré", a expliqué M. Kouchner. "La condamnation est forte, venue de l'ensemble du Conseil européen et des 27 pays" membres. Interrogé sur les Jeux olympiques qui doivent s'ouvrir en aout à Pékin, M. Kouchner a précisé que "ce communiqué ne fait pas mention des Jeux olympiques".
La France, elle, "n'était pas partisane d'un boycott", a-t-il rappelé. "Mais la France peut attirer l'attention sur la concomitance entre les Jeux olympiques et cette aspiration tibétaine, que la Chine doit prendre en compte".
La Grande-Bretagne a fait part vendredi de son "inquiétude" suite aux informations émanant de Lhassa. "Nous avons fait part de notre inquiétude auprès du ministère chinois des Affaires étrangères et auprès de l'ambassade chinoise à Londres et nous leur demandons des clarifications", a indiqué une porte-parole du Foreign Office.
La Maison Blanche a "regretté" vendredi les violences au Tibet et a réclamé de la Chine le respect de la culture tibétaine.
La Chine "doit respecter la culture tibétaine, (elle) doit respecter le caractère multi-ethnique de sa société", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. "Nous regrettons les tensions entre les groupes ethniques et Pékin", a-t-il dit. Le président George W. Bush "a constamment dit que Pékin doit dialoguer avec le dalaï lama", a-t-il dit.
Savoir Plus
L'UE déploie une mission d'observation électorale au Népal
L'Union européenne va déployer une mission d'observation au Népal en vue des élections constituantes du 10 avril prochain, a indiqué vendredi la Commission.
Cette mission sera forte de 110 observateurs et sera dirigée par l'eurodéputé néerlandais Jan Mulder. Elle sera financée à partir du budget européen à hauteur de 2,9 millions d'euros.
Les élections népalaises doivent permettre de former une assemblée constituante, qui rédigera une nouvelle Constitution et déterminera les structures futures de cette jeune démocratie.
Dans un communiqué, la commissaire européenne aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a souligné que "des élections transparentes et pacifiques sont d'une importance cruciale à ce stade pour le Népal", qui se trouve à "un moment charnière de son processus de paix".
Ce processus a été amorcé en 2006 par un accord qui a mis fin à dix années de guerre civile entre la rebellion maoïste et le pouvoir.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...