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Jeux Olympiques
Les Chinois ont la flamme
S.Vt. (avec AFP et Reuters)
Mis en ligne le 31/03/2008
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- Olivier Chastel, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères
La flamme olympique a été remise, dimanche à Athènes, aux organisateurs des Jeux de Pékin, au cours d'une cérémonie que n'ont pas réussi à perturber quelques manifestants hostiles au régime chinois. Il faut dire que, échaudées par la cérémonie d'allumage lundi dernier à Olympie, les autorités grecques avaient entouré le voyage de la flamme à travers le pays d'un impressionnant dispositif policier. Rusant, elles avaient même changé au moins deux fois le programme initial du relai pour prévenir tout incident.
Le centre d'Athènes a été totalement interdit à la circulation hier et l'Acropole, où la flamme a passé la nuit de samedi à dimanche, a été fermé à la presse internationale. "La Chine déteint sur la Grèce", a ironisé dans la foulée Reporters sans frontières.
Quelques milliers de personnes, dont beaucoup de touristes chinois, ont pu prendre place dimanche, après les fouilles d'usage et sous la surveillance de centaines de policiers en uniforme et en civil, sur les gradins au public clairsemé du stade où les premiers Jeux modernes avaient eu lieu en 1896. La flamme a ainsi été paisiblement remise au responsable chinois du Comité d'organisation des Jeux, Liu Qi. Le 2 avril, elle démarrera à travers le monde un périple de 137000 km qui s'annonce mouvementé, les militants hostiles au régime chinois ayant déjà prévu plusieurs manifestations. Après son retour en Chine en mai, la flamme passera comme prévu au Tibet, bien que le calme n'y soit toujours pas revenu. Selon le gouvernement tibétain en exil, des milliers de manifestants se seraient en effet rassemblés samedi dans le centre de Lhassa.
La Chine est mécontente
Samedi matin, le Dalaï Lama avait demandé une fois encore à la communauté internationale d'aider à trouver une solution pour son peuple. "Nous n'avons d'autre pouvoir que la justice, la vérité et la sincérité", avait-il déclaré depuis New Delhi. "C'est pourquoi j'en appelle à la communauté internationale."
Réunis samedi à Brdo, en Slovénie, les ministres européens des Affaires étrangères ont ainsi "réitéré leur grande inquiétude à l'égard des évènements survenus dans la région autonome chinoise du Tibet". Ils ont condamné "toute forme de violence", réclamé "que les détenus soient traités en conformité avec les normes internationales", exigé "le libre accès des médias au Tibet", pris "note du récent (sic) engagement du Dalaï Lama à la non-violence et à l'autonomie, non à l'indépendance, du Tibet" et souhaité "un dialogue concret et constructif en vue d'aborder des questions essentielles, comme celles de la sauvegarde de la langue, de la culture, de la religion et des traditions tibétaines". Enfin, l'Union a promis de "suivre avec beaucoup d'attention la situation des droits de l'homme en Chine".
Ce qui n'a pas plu à Pékin. Comme l'a déclaré à l'agence "Chine nouvelle" un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, "la question du Tibet est une question interne à la Chine. Aucun pays étranger, ni aucune organisation internationale n'a le droit de s'y ingérer".
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