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Jeux Olympiques
Un athlète refuse de porter la flamme olympique
AFP
Mis en ligne le 01/04/2008
Le capitaine de l'équipe d'Inde de football a été mardi le premier sportif au monde à boycotter le périple de la flamme olympique pour protester contre la répression chinoise au Tibet, annonçant son refus de porter la torche qui arrivera dans son pays dans deux semaines.
"Je suis un sympathisant de la cause tibétaine. J'ai écrit au comité olympique indien pour leur signifier que je refusais de porter la flamme", a déclaré dans un communiqué Bhaichung Bhutia, un bouddhiste --comme le sont les Tibétains-- de l'Etat du Sikkim niché dans le nord-est de l'Inde, entre le Tibet, le Népal et le Bhoutan. "C'est ma façon de soutenir le peuple du Tibet et leur lutte", a lancé le footballeur de 31 ans. Cette décision spectaculaire de décliner l'invitation à servir de relai à la flamme olympique est "absolument personnelle" afin de marquer sa "solidarité" avec les Tibétains, dont plus de 100.000 vivent en exil en Inde aux côtés du dalaï lama réfugié à Dharamsala depuis 1959.
Le secrétaire général du comité olympique indien, Randhir Singh, a dit n'avoir pas été informé directement par le sportif de son désistement. M. Bhutia, qui a joué en Angleterre et en Malaisie, est une vedette en Inde où il a été décoré pour avoir promu le football dans cette ancienne colonie britannique folle de cricket. la sélection indienne se traine dans les profondeurs
Le ballon rond est en effet confidentiel en Inde. L'équipe nationale n'est pas qualifiée pour les jeux Olympiques de Pékin et se traine dans les profondeurs des classements internationaux, systématiquement battue par ses concurrents asiatiques, même les plus modestes.
Le geste fort de M. Bhutia n'a pas non plus été suivi par les trois autres athlètes indiens censés participer au relai de la flamme en Inde le 17 avril. "Il ne faut pas mélanger le sport et la politique", a déclaré le sprinter Milkha Singh, donnant écho à la position de la communauté sportive mondiale déterminée à participer complètement aux JO. Néanmoins, des sportifs allemands de haut niveau, dont plusieurs anciens médaillés olympiques, avaient proposé jeudi de porter des bracelets verts et bleus lors des jeux pour dénoncer la situation au Tibet. Du côté de la diplomatie, l'Union européenne a jugé samedi prématuré d'appeler à un quelconque boycott des JO, plaidant simplement pour un "dialogue constructif" entre Pékin et le dalaï lama. Appelant lui aussi à des pourparlers entre la Chine et le chef des Tibétains en exil, le président américain George W. Bush a tout de même bien l'intention de se rendre aux Jeux.
La flamme olympique est arrivée mardi en provenance de Pékin à Almaty, au Kazakhstan, première étape d'un voyage de 137.000 km autour du monde, qui la conduira dans 19 pays. Son parcours en Inde se fera sous haute sécurité avec une seule étape à New Delhi, et non plus à Bombay, compte tenu des risques de manifestations d'exilés tibétains, a prévenu un fonctionnaire du ministère de l'Intérieur. Pour l'Inde, le Tibet fait partie intégrante de la Chine et New Delhi a demandé aux exilés tibétains de s'abstenir de toute campagne anti-chinoise sur son territoire. Les manifestations sont pourtant quotidiennes depuis trois semaines à Dharamsala et dans la capitale indienne.
Le gouvernement tibétain en exil, par la voix de son porte-parole Thubten Samphel, a d'ailleurs dit à l'AFP "saluer" et "apprécier" le "geste" du footballeur, mais s'est bien gardé de pousser trop loin les athlètes, réaffirmant que le dalaï lama était contre le boycott des jeux que Pékin "mérite". Partisan, lui, d'un boycott, le président indépendantiste du Congrès de la jeunesse tibétaine, Tsewang Rigzin, a félicité "M. Bhutia, une icône pour les jeunes Indiens" se déclarant "fier qu'il se soit désisté pour le sort des Tibétains".
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