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Diplomatie
Karel De Gucht a perdu une manche
V.d.W.
Mis en ligne le 28/05/2008
Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (VLD), est, parait-il, sorti assez dépité de la réunion du "kern" organisée lundi soir autour du Premier ministre, une réunion destinée à adopter une position claire et unanime après le rappel de l'ambassadeur congolais à Bruxelles.
Pourquoi un tel dépit ? Parce que le ministre des Affaires étrangères avait tenté, tout au long du week end, de faire des problèmes belgo-congolais une querelle communautaire entre francophones et Flamands. Or il est apparu, lors de la discussion de lundi soir, que Karel De Gucht était assez isolé sur l'échiquier politique belge. Ainsi même le CD&V n'a pas volé à son secours quand les francophones ont reproché au chef de la diplomatie belge son manque de... diplomatie. Bien sûr, comme il aime à la rappeler, Karel De Gucht est ministre et non diplomate. Mais avec des partenaires délicats comme les Congolais, mieux vaudrait cumuler les deux qualités.
La sécurité des Belges
En décidant de prendre - enfin ! - contact avec les autorités congolaises, Yves Leterme a finalement mis tout le monde d'accord. Car la préoccupation des Belges est double. La sécurité des nationaux tout d'abord. Il faut éviter que le rafraichissement des relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo mette en danger les 4 500 Belges qui y vivent. Pour l'instant, les rues de Kin semblent relativement paisibles. Mais on sait que des rumeurs mal contrôlées peuvent provoquer des mouvements de foule difficilement contrôlables. Ensuite parce qu'une des priorités de la Belgique est d'obtenir la non-fermeture des deux consulats menacés, celui de Lubumbashi et celui de Bukavu. C'est ce qu'Yves Leterme devait notamment demander lors des entretiens téléphoniques avec les autorités congolaises (voir ci-contre). Yves Leterme fera le point ce mercredi matin au cours d'un nouveau kern en partie consacré aux relations belgo-congolaises.
Arguments électoraux ?
Cela dit, l'attitude de Karel De Gucht suscite des interrogations dans le chef d'autres membres du gouvernement. Pourquoi le ministre belge réserve-t-il son franc-parler à certains pays, le Congo en particulier, et se montre-t-il plus laxiste envers d'autres (la Chine, notamment) ?
Certains jugent qu'il y a un différend personnel entre Karel De Gucht et Joseph Kabila et que les deux hommes, très "Moi, je", sont incapables de s'entendre.
D'autres posent un postulat plus belgo-belge. L'attitude de Karel De Gucht serait dictée par des impératifs électoraux internes à la Belgique. En laissant croire que les 177 millions de la Coopération sont versés au Congo sans contrôle aucun, il accrédite la thèse un peu "café du commerce" selon laquelle cet argent ne servirait pas réellement aux projets de coopération, mais irait droit dans la poche d'hommes politiques congolais corrompus. Sous entendu : il y a assez de besoins en Belgique sans aller jeter l'argent par les fenêtres au Congo. Or, assurent les francophones, c'est faux. L'argent de la Coopération sert bien à financer des projets précis, souvent dans le cadre d'une aide multilatérale où tout est supercontrôlé. Réduire la coopération, c'est sanctionner les Congolais dont on veut soulager la souffrance.
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